Exercice de style très douloureux que ce 38 témoins.
Une première pour moi aussi avec la visualisation d'un Lucas Belvaux.
Et j'avoue que je savais pas ou mon regard de modeste cinéphile allait se poser.
Et je peux dire que le film, les acteurs, l'atmosphère, la lumière m'ont vraiment séduit, et même par moment bouleversé.
Le film est d'une banalité sans nom, inspiré d'un fais divers survenu aux états unis, avec le meurtre sauvage dans une rue d'une jeune femme.
Un massacre, des hurlements, et des fenêtres autour de cette scène, mais personne n'a rien vu.
38 témoins c'est tout cela à la fois,
Une nuit, des cris, des fenêtres, des hommes, des femmes qui dorment (ou pas)
et le lendemain une scène de crime atroce.
Une enquête banale de proximité, toc toc bonjour c'est la police, avez vous entendu ou vu quelque chose.
Réponse de tout les témoins, non non je dormais.
Et puis un témoin, qui est un homme solide, un homme qui a un métier dur, un homme un vrai.
Le retour de sa femme, il est heureux mais non .
Son regard est perdu, il semble triste, sombre, et là je dois louer le jeu plein de sobriété de Yvan Attal.
Et oui lui a mal dormi, et n'arrive pu à s'enlever les cris qu'il a entendu.
Ce secret, il le partage dans le sommeil de sa femme.
Et voilà toute la nature humaine qui se désagrège petit à petit.
Le film est tout simplement remarquable par son intensité, et pourtant il est d'une lenteur incroyable, mais il pose aussi les bonnes questions.
Le jugement moral ou judiciaire étant de savoir ce que chacun ou chacun auraient fait derrière cette fenêtre.
Il met en exergue une société solitaire, lâche, mais non solidaire.
Et à travers un homme qui se détruit par son attitude qu'il ne comprend pas cette nuit là Lucas Belvaux à réussi à me captiver rien qu'avec des images et des regards.
La scène de messe pour la victime, avec les proches, mais aussi les fameux témoins, est un modèle du genre.
Chacun s'épie, chacun se regarde et tout le monde rentre chez lui.
Mais un jour le 38ème témoin n'en peux plus.
Et que ce soit la justice, les voisins, la police, c'est le début, ou la suite de la fameuse nuit cauchemardesque vécue par Pierre Morvand.
les images du havres, avec un silence total, et puis le port qui se réveille, c'est un peu aussi une projection sur la scène de crime.
Quand à la reconstitution avec les fameux cris, stridents, inhumains, entendus dans tous le quartier, c'est tout simplement une accusation morale de ce que l'être humain peu ou doit faire.
Sans jugement de valeur, mais quand même.
38 témoins, c'est juste une histoire banale, un fait divers banale, des hommes et des femmes du quotidien, une histoire comme il s'en passe des milliers chaque jour.
Et c'est bien ça qui est dramatique.
Mais une fois les lumières éteintes, il suffit juste de déposer une gerbe de fleur et tout ira bien.
Car comme le disent les badauds, personne ne la connaissait.