Si l’on fait abstraction de la totale incohérence d’un scénario juste inexistant, du jeu catastrophique d’une Sherri Moon Zombie qui est juste insupportable, et d’une première partie qui ne fait qu’aligner les atrocités avec une sorte de détachement qui pourrait s’apparenter à de la complaisance s’il n’y avait pas l’anarchiste trash-métalleux Rob Zombie derrière la caméra, ce troisième volet de la famille déjantée des rejetons du diable pourrait passer pour une sympathique petite série B horrifique trash à la violence dont la gratuité s’avère être une sorte de labellisation pour son auteur.
Côté casting on retrouve le déjanté Bill Moseley aux allures de Christ sous amphétamines,et une supercherie avérée,
l’affiche nous vendant un Sid Haig qui ne fait qu’une courte apparition, il est remplacé par
le plutôt convaincant Richard Brake et sa gueule cassée qui s’acclimate parfaitement à cette chronique de la dégénérescence.
Faisant directement suite à son Devil’s Reject, ce 3 From Hell, se contente d’aligner les clichés inhérents au cinéma de Zombie. Fait de scènes de crimes craspecs filmées avec un tel détachement qu’elles en deviennent mécaniques, on sait que dans un film de ce réalisateur, les héros usent d’atrocités comme d’autres alignent les citations. Depuis Sergio Leone, on sait très bien que quand on a l’occasion de tirer, il ne faut pas chercher à raconter sa vie, car le type en face ne vous laissera jamais une seconde chance. En gros, il faut être vraiment idiot pour ne pas comprendre ça, et les victimes chez Zombie sont tellement connes qu’elles se laissent berner.
Scindé en deux parties, avec une première moitié très prévisible usant de procédés de mise en scène comme le found footage et une caméra portée qui filme Danny Trejo qui ne tarde pas à se faire descendre, plus quelques crimes bien crades qui font exploser toute notion d’empathie pour les victimes de la part du réalisateur. Rien de bien original ni innovant et ce ne sont pas les incohérences scénaristique qui viennent rehausser la chose.
La seconde partie s’avère plus intéressante avec l’arrivée de notre trio de rejetons démoniaques en terre mexicaine. Alors les influences de Zombie se mettent à tomber à tout va, il cite Peckinpah avec ses tronches cassés de gringos débraillés et mal rasés, et ces chicas à forte poitrine, Hooper et l’armada filmique horrifique seventies et même Bunuel, si, si…, pour un étrange ballet de mort teinté de surréalisme. Côté réalisation ce n’est même pas trop mal fichu, avec deux trois idées visuelles intéressantes. En revanche côté script c’est quasiment le néant, fallait-il s’attendre à autre chose de la part de ce peintre morbide et anar du chaos qu’est Rob Zombie.