Ressorti 14 ans après sa première distribution en salle et sa présentation à Cannes, ce film n’a pas, si j’ose dire, pris une ride !
Plus que la représentation amoureuse d’un adultère de vieillards, il explore les territoires secrets d’éros et de thanatos.
Dans le couple aimant que forment Inge et Werner, l’une est toujours dans l’éros alors que l’autre n’est plus que dans Thanatos. Le rassurant « train-train » quotidien s’est installé, 30 années de vie commune aidant, lorsque Inge rencontre Karl, 76 ans qui a donc 6 ans de plus qu’elle. Mais Karl n’est que désir de vivre, il roule à vélo, nage, danse et garde au yeux la flamme pétillante que Werner n’a plus aux siens depuis longtemps. L’un adore la force motrice de ses muscles, l’autre celle des trains dans lesquels il s’assoit.
Porté par un trio de comédiens formidables d’authenticité, sans fausse pudeur, corps et âmes se mettent à nue. Oui, les personnes âgées aiment encore et prennent toujours du plaisir lorsque le désir et l’amour l’emportent sur la pulsion de mort.
Un film d’un très grande pudeur malgré l’exposition crue de corps ridés et une très belle histoire d’amour.