Film visionné une fois lors de la Cinexpérience #19.
Raconter le drame des subprimes (mais si vous savez, le truc qui a été l'élément déclencheur de la crise mondiale de 2007) en prenant un point vu très local, le tout sur ton de thriller social avec une réalisation un poil dans le style documentaire. Ca fait baver non ? Tenez, prenez donc ce mouchoir et reprenons.
Dans ce film, on suit un jeune ouvrier dans le bâtiment qui vit avec son fils et sa mère (sa mère à lui, pas la mère du gosse, suivez un peu). Ils doivent faire face à un risque de saisie de leur maison par une banque, c'est-à-dire faire face au rouleau compresseur qu'est le système judiciaire états-unien (on connait l'absence de sécurité de sociale de ce pays). Ce que je vais dire ensuite, je considère que c'est quasiment un spoil mais ce n'est pas le cas de la majorité des gens. Et d'ailleurs, c'est montré dès le tout début de la bande-annonce.
Comme on pouvait s'y attendre, le personnage de Dennis Nash perd son procès contre la banque et lui et sa famille se voient littéralement jetés sur le trottoir avec toutes leurs affaires. Plus tard, Dennis se retrouve à nouveau face à Rick Carver, celui qui a procédé avec l'aide de la police à son éviction. Et là, il se voit proposé un job d'ouvrier à effectuer dans... une maison saisie. Je ne vais pas en dire plus sur la suite mais attendez vous à ce que ça ne s'arrête pas là.
J'ai beaucouip aimé ce film pour le sujet qu'il aborde, pour la terrible dureté du sytème états-unien qu'il montre, pour sa bande son qui plante assez bien l'ambiance, mais également pour ses deux personnages centraux.
J'aime le personnage de Rick car s'il est très antipathique et un poil caricatural, il participe bien à l'ambiance global du film et il illustre très bien ce qui est montré, il est brut de décoffrage, dur, intransigreant et manipulateur. Et il est vraiment très bien terprété par Michael Shannon.
J'aime le personnage de Dennis car on peut facilement s'identifier à lui, même si je n'aurais probablement pas réagit de la même façon. Malgré ce qu'il en vient à faire, on sent que toutes ses actions le travaillent et qu'il n'assume pas ses actes. Il est l'incarnation d'une contradiction, partagé entre empathie et solidarité envers ceux qui vivent ce qu'il a lui-même vécut, et désir individuel.
Toutefois, j'ai été quelque peu déçu par la fin, que je ne trouve pas mauvaise mais un peu molassone et convenue, donc clairement en-dessous par rapport au reste du film.
En somme, c'est un film qui est très intéressant pour ce qu'il montre et pour la façon dont il le montre.