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A.C.A.B : All Cops are Bastards par tzamety

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Le choix du réal’, décidant de suivre le parcours d’un groupe de CRS, pouvait inquiéter. Allons-nous avoir droit à un film rendant hommage à ces hommes infaillibles maintenant une paix fragile dans une société de plus en plus violente ? Ou aurons-nous droit à une impartialité de la part de Stefano Sollima ? La réponse découlera du reste de la critique.

Impossible de parler d’A.C.A.B. sans se remémorer sa magnifique scène d’intro, réussissant à nous présenter les personnages principaux via des scènes les mettant en action individuellement. Le ton est ainsi donné et on arrive à avoir une première idée de la personnalité de chacun.

L’intelligence du réalisateur est d’approfondir, au fil du récit, ses flics. Ainsi le jeune novice ne semblant être là juste pour se défouler sur la populace pourrait avoir choisit cet emploi pour d’autres raisons. Ce dernier est d’ailleurs important, nous permettant de mieux comprendre les mécanismes lors du travail sur le terrain mais aussi dans la vie quotidienne. Il nous facilite aussi l’intégration dans le groupe d’hommes. Les autres ayant déjà des années d’expériences, ils se connaissent déjà trop bien pour que l’on puisse comprendre les liens, qui les unissent, sans éviter de longs dialogues ou flashbacks pouvant rendre l’ensemble indigeste.

Du point de vue de la réalisation, l’ensemble reste sobre avec un soin apporté à l’image. Celle-ci est granuleuse et avec des scènes nocturnes très éclairées façon Michael Mann. Ce choix rend d’autant plus crédible et réaliste les scènes filmées. Il est donc normal qu’aucuns artifices ne soient utilisés pour appuyer les idées avancées ou maintenir l’attention du spectateur. On aborde là le défaut le plus handicapant du film : son rythme. En effet, la première partie s’enchaine assez vite, nous montrant le quotidien de ces hommes, les dilemmes entre leurs devoirs et leur moralité. Une fois passé, une baisse de régime s’effectue, justifié par une nécessité d’approfondir les enjeux. Cette étape s’effectuera par une série de dialogues entre différents personnages. Les séquences concernant leur métier se font dès lors plus rare ce qui explique cette « lenteur ». Mais rassurez-vous, cette attente est de courte durée et la machine repart de plus belle dans sa seconde partie jusqu'à un final où le suspense est à son comble.

Au risque de me répéter, le soin apporté à la caractérisation des personnages, tout en évitant de passer par de longs dialogues, est assez bluffant. Prenons pour exemple le cas de Cobra, les scènes où l’on peut apercevoir l’intérieur de son appart nous permet de mieux comprendre la complexité de l’homme. En effet, sur ses murs on entrevoit César ou Mussolini (!!!) mais aussi une collection de sabres de l’époque des dynasties chinoises ou japonaises. Ces détails rendent d’autant plus crédibles ses propos lorsqu’il parle de fraternité entre CRS.

Au final, Stefano Sollima ne nous dépeint pas que le quotidien d’une unité de CRS dans les années 70 mais aussi une société malade en proie à une violence quotidienne et dont les responsables sont d’ethnies diverses et agissent pour des raisons variées. Plus triste encore, malgré les années qui nous sépare de ces événements, on a l’impression que rien n’a changé et que l’Italie n’est pas le seul pays à vivre ce phénomène.

Il est donc plus que conseillé d’aller visionner ce film. Entre deux blockbusters estivaux, cela ne fait jamais de mal.

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