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A Girl at My Door par Atom3-029

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Parmi les drames asiatiques qui nous parviennent, un certain nombre se penche sur la vie à la campagne au point de constituer un semblant de sous-genre riche et pertinent, permettant de capter les mauvais rouages de certaines sociétés que l’on ne connaît finalement pas tant que ça en dehors des grosses industries de téléphone et – pour certains pays comme celui-ci – la musique. Le milieu rural y paraît réellement coupé du monde, replié sur lui-même, et bon nombre des villageois semblent alors se tourner vers la corruption et la violence. A Girl at my Door pourrait presque être rapproché du très bon Blind Mountain, de par ses paysages et sa thématique similaires – bien que moins poussés à l’extrême du fait que la Chine et la Corée du Sud soient deux sociétés différentes.

La réalisatrice July Jung tente de traiter divers sujets aux allures de tabous : homosexualité, incompétence de l’autorité, violence, sexisme. De ce traitement découle un goût amer : celui de ne pouvoir capter ce genre de thèmes qu’en dehors des rues dynamiques de Séoul ; comme si la campagne était réellement sujette à l’autarcie et qu’en cela, elle constituait un pays un peu à part, tandis que ces tabous seraient tout aussi présents dans la capitale, camouflés entre deux gratte-ciels. Les partis pris de mise en scène restent relativement francs et ne comptent pas beaucoup sur la surprise : le village est montré d’office avec ses problèmes non-traités et le contraste avec le milieu urbain, évoqué par la présence de Young-Nam, nouvellement mutée. On n’échappe pas à certaines scènes malheureusement assez prévisibles – notamment vers la fin du film – mais beaucoup sont quand même évitées.

Pour son côté réaliste, A Girl at my Door s’avère vraiment intéressant. Les deux portraits dressés – la commissaire et la jeune fille – restent à la fois poignants et troublants (pour ce qui est d’une perversité, seulement brièvement évoquée), magnifiés par Doona Bae et l’impressionnante Kim Sae-Ron. Le traitement de la violence a ce côté à la fois évident – le père frappant sa fille situe dès le début qui sont les « méchants » – et cet aspect moins attendu mais tout aussi présent où July Jung s’intéresse tant à la victime qu’à son bourreau, au point où les rôles paraissent parfois un peu embrouillés, comme si tous ses personnages avaient été plongés dans la violence malgré eux et étaient comme condamnés à la perpétuer. Un drame froid et inconfortable mais beau et poignant.

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