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À ceux qui nous ont offensés par FuckCinephiles

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On avait laissé un Michael Fassbender un poil en piteux état en décembre dernier, pas aidé par la réception houleuse du gros tâcheron/incident industriel Assassin's Creed, fausse promesse d'un blockbuster bandant et nerveux, qu'il a porté avec conviction depuis les prémisses de sa production.
Ou l'ultime point d'ancrage d'une année 2016 oscillant entre l'exceptionnel (Steve Jobs, Une Vie entre Deux Océans) et le franchement oubliable (X-Men : Apocalypse).
Jamais mieux dirigé que sur ses terres ou devant la caméra d'un de ses compatriotes, le bonhomme nous revient pimpant et hargneux en ce début d'année 2017, avec une pure péloche britannique fleurant bon les coups, le sang et les larmes.

Premier long métrage férocement ambitieux et référencé du clippeur Adam Smith, brassant une multitude de genre avec une fougue (il est vrai inhérente à tout premier passage derrière la caméra)que saisissante, À Ceux qui nous ont Offensés transpire l'amour d'un certain cinéma made in outre-Manche, aussi puissant qu'il est sincère.
Mélange hybride entre le polar rugueux et social, et le drama familial à forte tendance Shakespearien, sur deux figures imposantes, maitres du cambriolage et leaders d'une communauté de marginaux; véritable monde à part et anarchique, régit par ses propres règles, sa propre culture et surtout, sa propre hiérarchie.

Tragédie familiale intimiste à la noirceur poétique, brodant autour des thèmes de la filiation et de la paternité, les contours fragiles du destin sombre d'un homme torturé par son désir, impossible, de liberté (que ce soit l'émancipation de son quotidien de marginal - pour le bien des siens -, ou de l'emprise tyrannique de son paternel), tout autant qu'il est un thriller tendu et inspiré dans l'action; le premier film de Smith - pas manchot derrière sa caméra -, beau spectacle modeste et fascinant, attachant même dans ses maladresses, impressionnant dans son écriture (d'une densité psychologique remarquable) est de ces oeuvres discrètes qui se dégustent et s'encaissent comme un bon jab dans les tripes.

Pertinent et juste (le cinéaste n'est jamais trop empathique, ni accusateur), À Ceux qui nous ont Offensés fait évidemment la part belle à ses comédiens vedettes, écrasants de charisme, Brendan Gleeson (parfait) et Michael Fasssbender, puissant en antihéros tourmenté, cherchant - trop peut-être - à battre le vénéré Daniel-Day Lewis, sur son propre terrain...

Jonathan Chevrier

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