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À mon âge je me cache encore pour fumer par bayabaya

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Alger, 1995, en pleine décennie noire (guerre civile algérienne), le parti islamiste a pris le pouvoir et exerce sa répression. Les femmes sont plus opprimées que jamais. Toutes ? Non. Un hammam féminin résiste encore et toujours à l’envahisseur. Dans cet îlot de libertés, les femmes aux corps libérés se coiffent, se lavent, se massent, discutent de leur quotidien. L’intrigue prend un tournant inattendu et grave lorsque Fatima, la gérante du hammam, se voit contrainte de recueillir Meriem, une jeune femme enceinte.

Adapté d’un pièce de théâtre, ce huis-clos raconte la vie des algériennes pour qui le hammam est un prétexte pour se retrouver loin de toute emprise masculine et religieuse. Portrait riche de femmes de toutes générations, franches, timides, tonitruantes, traumatisées, délurées, sensuelles, dures, radieuses, tristes, en colère : extraordinaires. Film coup de poing porté par des actrices touchantes ainsi qu’un jeu photographique où les corps s’emmêlent et se démêlent avec poésie, où le monde des femmes et celui des hommes s’affronte. La force du film réside dans ses nuances, il met en scène un point de vue jusqu’alors ignoré. Gros coup de cœur, à voir absolument.

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