L'aboutissement d'une oeuvre incomparable.

Avis sur Akira

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[je sais pas trop si on peut appeler ça un spoiler mais à un moment, vers la fin, je raconte un p'tit truc que tout le monde connait déjà, alors au cas où, je le précise là, voilà]

Voilà ce que je considère comme LE chef d'oeuvre d'animation Japonaise, Akira a radicalement changé et ébranlé ma perception du cinéma d'animation. J'étais pourtant très jeune lorsque je l'ai vu pour la première fois, mais je ne saurais comment expliquer l'émotion, les sensations que m'a donné ce film.

Il est important de préciser ce qu'est Akira à l'origine. C'est une BD, un manga... et bien plus que ça une oeuvre magistrale de la BD mondiale, et à ce jour à mon sens encore non détrônée de sa place de BD jap' la plus riche et prenante. Ce chef d'oeuvre du grand Katsuhiro Otomo, est construite, dessinée, racontée de telle façon qu'on se croirait être entrain de lire un storyboard, la précision et la finesse des dessins en plus. De cette manière, Otomo nous entraîne avec lui au cour des 6 énormes tomes de son oeuvre, et nous, de nous laisser happer avec douceur, naturellement, dévorant chaque page plus avidement que la précédente et moins que la prochaine. Car Akira peut décourager au premier abord de par sa simple taille... Un pavé énorme... Mais je vous assure, ouvrez vous, plongez vous et il est bien possible que vous n'en sortirez qu'a regret.

Revenons au film qui nous intéresse ici. Bien sur, toute la grandeur époustouflante et épique de la BD ne pouvait pas être totalement rendu dans un film de deux heures, mais force est d'avouer qu'Otomo a réussi ici un tour de force surprenant en adaptant son oeuvre si riche en un condensé assez représentatif et surtout complémentaire de la splendeur de son origine, si proche d'un storyboard ou le dessin semble déjà sur le papier hurler son droit au mouvement.
Mettant en scène la dépravation par la violence urbaine et la drogue dans une mégalopole futuriste digne d'un récit visionnaire de Philip K. Dick, entre Ubik et Substance Mort, teinté d'une bonne dose de psychose nucléaire japonaise typique qu'on pourrait appeler caricaturalement "le syndrome de Godzilla", entre courses poursuites effrénées et combat psychiques titanesques, ce film d'animation crée surprise et polémique par l'innovation de ses idées et de ses moyens de les montrer dans une suite de dessins aussi nerveux et "griffés" qu'ahurissants de complexité.

Je vais vous dire rapidement mes ressentis face à ce film. Lorsque je l'ai vu pour la première fois, il ya bien longtemps, je n'avais pas encore lu la BD et je n'étais pas en age de comprendre toute la profondeur de l'oeuvre. Pourtant, j'en suis sorti avec ce gout paradoxale oscillant entre choc et admiration. Un choc peut-être parce-que pour la première fois, toute cette violence, crue, déchirante, cruelle, était montrée au moyen de dessins, moyen réservé jusqu'à lors pour narrer le plus souvent des contes et autres fables. Mais là le dessin montre des corps déchirés, transpercés par les balles, découpés... et puis cette métamorphose de Tetsuo, dévoré par son propre pouvoir, son corps devenant un amalgame de chair sans forme, sensation étrange et gênante... mais savoureuse comme une plaie qui gratte. Il règne dans ce film en effet un climat d'inquiétante étrangeté dérangeant, en particulier lors de la scène (absolument géniale de force) du rêve de Tetsuo. Et là, l'admiration. Admiration et envie prenante de revoir encore et encore ce film, magistralement conçut, monté, dessiné, construit, et desservi, cerise sur le gâteau, par une bande originale absolument grandiose.

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