Dans l'Espace, c'est l'Autre qui domine

Avis sur Alien : Le 8ème Passager

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L'espace serait-il le meilleur lieu de création pour le cinéma? On pourrait se le demander, considérant la réussite infinie du métaphysique 2001: l'Odyssée de l'Espace en 1968, ou encore celle - dévastatrice -de Star Wars, Graal du cinéma d'aventures et de magie, sorti en 1977. Deux monuments du Cinéma dont la réussite tient dans cette volonté de réinventer ce lieu si particulier. Qui seront rapidement rejoints par un invité surprise: Alien.
À peine deux ans après le triomphe mondial de la Guerre des Étoiles, le réalisateur Ridley Scott (venu de la publicité) offre un nouveau sursaut à l'espace. Et se pose en contrepoint parfait du film de Georges Lucas: si l'espace peut nous faire rêver, il doit pouvoir également nous faire cauchemarder. Partant ce principe, Scott imagine un univers débarrassé de couleurs vives et de combat intergalactique. Un nouveau lieu de travail, dans lequel les explorateurs sont devenus des employés mal payés et régis par un pouvoir qui les néglige. Nous sommes en 2122, et l'équipage du vaisseau Nostromo est sommé d'atterrir sur la planète LV-426, afin d'y rechercher des traces de vie extra-terrestres.
Les membres ont à peine posé pied sur le sol de cette astre qu'ils retrouvent l'épave d'un vaisseau gigantesque et l'un des curieux (Kane) tombent dans un champ d'œufs. L'un d'eux éclot et ce qu'il renfermait saute au casque de l'explorateur, dissolvant la protection et agrippe son visage. Remonté à bord par ses collègues, le malheureux ne peut être débarrassé de la mystérieuse créature, mortellement collée à sa tête. Puis, bizarrement, elle meurt en libérant sa victime. Le soulagement sera de courte durée quand, à peine remis sur pied, Kane se tord de spasmes et un bébé-monstre carnassier jaillit de son thorax. Le nouveau "colocataire" du Nostromo s'enfuit, et passé le choc, ses convives se mettent à le chercher. Ils ne se doutent pas qu'ils vont bientôt se retrouver face à un spécimen adulte, bien décidé à les faire dégringoler de la chaine alimentaire.
Commence un grand huit de l'horreur, où ce qui terrifie. c'est ce que l'on ne voit pas. L'Alien a beau avoir l'honneur du titre sur l'affiche, il est celui qu'on voit le moins à l'écran. Il est pourtant la STAR ici, son absence glaçant autant le sang que sa présence. Son seul rival demeure l'héroïne: le lieutenant Ripley. Femme droite dans ses bottes, elle est incarnée avec caractère par Sigourney Weaver, qui fit décoller sa carrière avec ce rôle. Ripley demeure l'une des figures féminines les plus emblématiques du Cinéma américain. Elle est entourée par des seconds-rôles d'exceptions, servant parfaitement leurs personnages. Et Alien verra également le nom de son réalisateur s'imprimer dans la mémoire collective. Car ce sont bien les choix de Ridley Scott qui ont fait de ce film de commande un chef-d'œuvre intemporel. Les impeccables couloirs grands et colorés Kubrickien ou Lucasien sont remplacés par des décors humides, sales et sombres de Scott. Et le cinéaste a eu le nez fin en confiant les contours de ses lieux à Moebius et les traits de sa fameuse créature à H.R Giger. D'une beauté démoniaque, Alien rentre lui-aussi par la grande porte de par son originalité physique. Jerry Goldsmith amplifie la menace par une bande originale au cordeau. Malgré les outrages du temps, Alien demeure l'un des films les plus effrayants du dernier millénaire. Si l'espace n'est peut être pas le lieu le plus amical qui soit, Alien entérine le fait qu'il en est incontestablement l'un des plus intéressants.

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