Un "survival" étonnant

Avis sur Arctic

Avatar Maxime Magnière
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Premier long métrage de Joe Penna et présenté en hors compétition à la 71e édition du Festival de Cannes en 2018, ce « survival » est un bon cru porté à la perfection par un Mads Mikkelsen solitaire (dans le casting comme dans le film) au sommet de son art. Ce film présente un homme dont l’avion s’est crashé au cœur de l’Arctique et qui s’organise pour sa survie. Ce crash n’est néanmoins pas l’élément déclencheur du film ce qui le distingue de ses semblables et en fait un film novateur à mon sens. Dans cet environnement hostile et blafard, la température peut frôler les -70°C et la moindre erreur peut coûter la vie. Un événement inattendu va conduire l’homme à engager une périlleuse expédition pour sa survie qui le mettra durement à l’épreuve.
Pour un premier film, on peut d’emblée dire que c’est une réussite même si le contexte dans lequel j’ai visionné ce film (à Cannes, en avant-première avec l’équipe de production, le réalisateur et les acteurs présents au somptueux Grand théâtre Lumière) peut expliquer une certaine indulgence de ma part. Comme je le disais, j’ai trouvé ce film novateur et je balaie d’un trait les critiques que je vois venir dont le seul argument sera : « c’est du déjà-vu ». En effet, l’élément perturbateur (jalon indispensable de toute trame narrative) ne provient pas du crash de l’avion comme on pourrait le penser et donc on assiste à la routine d’un personnage installé depuis longtemps dans la carcasse de son appareil : il a appris à chasser et tente chaque jour de faire connaître sa présence à d’éventuels sauveurs. Alors, bien sûr, il y a les éléments classiques du « survival » rappelant parfois les prédécesseurs du genre comme "127 Heures"(2010) : la nature indomptable, des prédateurs à l’image de l’ours polaire même si cet élément est, dans ce film, exploité avec subtilité, l’angoisse de la mort et de l’abandon. Mais il y a des prises de risque non négligeables et une fin qui divisera, certes, mais qui aura le mérite de faire parler.
Sur le plan visuel, les décors et la photographie sont magnifiques, on ne se lasse pas de ce désert de glace à perte de vue duquel, étrangement, il se dégage une atmosphère oppressante. Les conditions de tournage furent extrêmes aux dires du réalisateur et cela se ressent tout au long du film tant dans le jeu d’acteur que dans la réalisation globale.
L’autre élément intéressant est la précision du film : tout s’enchaîne logiquement et ce, grâce à un certain nombre d’outils et d’objets dont use l’homme pour sa survie et sa quête : le manteau, la carte, le briquet etc… qui ont tous un sens et qui articulent une intrigue ainsi bien ficelée.
Je voudrais finir avec la prestation de Mads Mikkelsen qui nous livre, ici, une performance exceptionnelle. Il perce l’écran, seul, et est convaincant dans ce rôle, un rôle qui souligne la vulnérabilité de l’espèce humaine face à un environnement et un écosystème inhospitaliers. Il est surtout émouvant et c’est ce qui est finalement le plus important dans un rôle : susciter l’émotion à l’endroit du spectateur.
En résumé, bien que je ne sois pas un thuriféraire du genre, j’ai grandement apprécié Arctic qui mêle à la fois émotion et spectacle et qui ravira les amateurs du genre tout comme ceux qui recherchent une épopée humaine bouleversante.

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