Adapter des jeux vidéo est devenu habituel à Hollywood,et il est même étonnant que la franchise "Assassin's Creed",une des plus connues,n'aie pas été plus tôt l'objet d'un film.Là,c'est carrément Ubisoft,la société éditrice du jeu,qui produit cette version cinéma.Les mecs ont sans ambage annoncé la couleur en précisant que le succès éventuel du film n'avait aucune importance,l'oeuvre devant n'être qu'un support publicitaire pour dépoter du game.A partir de là,il n'est guère étonnant que cette toile ne soit qu'une monumentale et aberrante merde.Donc,les concepteurs n'en avaient rien à foutre,ils s'en vantent et ça se voit.Déjà,porter des jeux vidéo à l'écran n'est pas fondamentalement opportun.Un jeu,c'est du graphisme,un univers visuel,et c'est à peu près tout.Il y a juste un argument de départ mais pour le reste,ça consiste juste à accomplir un parcours en dégommant un maximum d'ennemis virtuels.Et "Assassin's Creed",c'est exactement ça.On s'appuie au départ sur une quête,généralement inspirée par la religion.Ici,il s'agit de récupérer la pomme d'Eden,celui qui la détient pouvant supprimer libre-arbitre et liberté d'expression,et par conséquent dominer le Monde.Les Templiers,ordre chrétien fasciste,et les Assassins,qui les combattent au nom de la justice et de la liberté,se fritent depuis le Moyen-Age et continuent de nos jours afin de s'approprier cette relique.Bon,on traitait déjà beaucoup aux temps immémoriaux des origines de l'Homme,car la pomme d'Eden,c'est celle dans laquelle ont croqué Adam et Eve avant d'être chassés du Paradis terrestre,et le fruit n'est pas encore pourri,qu'est-ce qu'ils ont foutu comme conservateur là-dedans?A ce stade,il est urgent de contacter EELV pour faire un signalement.A part ça,les enfoirés de salopes de bâtards de corniauds branlés,enfin appelons-les les scénaristes du film,racontent des conneries à tire-larigot et se foutent ouvertement du monde.Si un blaireau quelconque raconte ce genre d'histoire sur internet,c'est un complotiste.Mais dans le cadre de cette bouse,personne n'y voit malice.Il est vrai qu'évoquer une main-mise oligarchique désireuse de raboter les droits des peuples et d'aboutir à un contrôle total des humains est parfaitement pertinent,mais il est plus qu'improbable que les Templiers soient derrière tout ça.Rappelons que l'Ordre du Temple était une compagnie de chevaliers chrétiens qui protégeait les pèlerins se rendant à Jérusalem aux 12e et 13e Siècles.Absolument rien à voir donc avec l'Inquisition espagnole qui sévissait au 15e Siècle,contrairement à ce que montre le film.Transcendés par leur anti-christianisme pathologique,les auteurs mélangent,mixent et falsifient à partir d'éléments pseudo-historiques sans doute faciles à faire avaler à leur clientèle très majoritairement inculte.Le Monde progressiste moderne est devenu expert en cet art d'injecter de la fausse culture dans de la sous-culture,qu'on recycle ensuite dans des sous-produits industriels,et c'est ainsi qu'on fabrique de belles générations d'abrutis.C'est entendu une fois pour toute,le Mal c'est les cathos,et le script introduit même un sultan qui résiste aux torquemadistes,car il est bien évident que la religion musulmane est garante des libertés publiques et de la rigolade générale,et que les arabes occupaient autrefois l'Espagne en toute douceur et amitié entre les peuples.Est-ce que le machin a au moins un intérêt cinématographique?Pas le moindre,en vérité.Là encore,on recycle,et sans une once de talent.On nous sert des combats de kung-fu déjà démodés dans les karatés hong-kongais des années 70,un personnage qui agit virtuellement dans un univers où il n'est pas présent physiquement comme dans "Avatar",une quête mystique d'un objet magique vue mille fois,remember l'Arche d'Alliance des "Aventuriers de l'Arche perdue",et toutes les figures usées sont de la fête,à l'image du héros bad boy en pleine rédemption,de son père avec qui il a des rapports conflictuels,de la belle scientifique manipulatrice,du vieux salopard qui se voit Maître du Monde,des troupes pléthoriques de méchants qui se font allègrement massacrer par paquets de cent,sauf leur chef bien sûr,le costaud de service seul habilité à rivaliser avec le héros,mais qui prendra quand même sa branlée règlementaire.On respecte le cahier des charges commercial,avec ces protagonistes au look popularisé par le jeu,capuches et poignards dans la manche.Sinon,c'est pourri de chez moisi,il ne se passe souvent rien du tout,les dialogues sont dignes de Dora l'exploratrice,c'est soporifique au possible et invraisemblable à haute dose.Cependant,au terme de ce calvaire,une fin aussi ouverte que les cuisses d'une porno star nous laisse espérer une suite prochaine,voire plusieurs.Miam miam,on en salive d'avance.Des acteurs célèbres au générique,mais qui sont visiblement venus pour des raisons extra-artistiques aussi sonnantes que trébuchantes tant il est patent qu'ils n'en ont rien à branler.Michael Fassbender a sans doute l'air plus motivé quand il sort ses poubelles,et notre Maria Cotillon nationale est si inexpressive qu'on se demande si c'est vraiment elle ou sa statue du Musée Grévin.Autre français dont on se demande ce qu'il fout là,et lui aussi manifestement,ce brave Denis Ménochet.Jeremy Irons n'en est pas à sa première opération portefeuille dans le genre,il était aussi dans "Donjons et Dragons",et une Charlotte Rampling momifiée apparait de temps à autre en dormant dans un rôle inutile.Brendan Gleeson n'en fout pas une rame,mais il est parvenu à caser son fiston Brian,bonne journée pour le budget familial.