L'indifférence

Avis sur Astérix & Obélix : Au service de sa Majesté

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Passé l'âge de 14 ans, il est bien difficile d'acheter son ticket pour un Asterix dans son UGC de proximité, comme dirait l'autre, en espérant se retrouver devant le chef-d'oeuvre de l'année. Si Asterix aux Jeux Olympiques avait spectaculairement redéfini les contours du ratage à la française, les aventures de petit Gaulois version Laurent Tirard s'en sort franchement mieux, si l'on considère qu'une molle indifférence vaut mieux qu'une sidération fascinée.
On pourrait énumérer les nombreux défauts du machin, si ce qui ne surnageait pas de l'ensemble était cette étrange impression que, même de l'autre coté de l'écran, personne n'y croit vraiment. L'humour manque désesperement de ligne directrice. Ah. Chabat aurait pu la faire cette blague-là. En mieux, peut-être. Là, on dirait plutôt du Zidi... Puis, entre deux séquences soit-disant "émotions" amenant les deux gaulois à remettre en cause leur amitié, nos pensées continuent à s'égrener aléatoirement, quasi-poétiquement : Vincent Lacoste est-il un génie comique inné ou commence-t-il à montrer ses limites ? Est-ce que j'ai gardé dans un coin la VHS de l'adaptation animée de 1986 ? Et ce décor-là, c'est la Hongrie ou l'Irlande ? On cherche l'argent sur l'écran. En vain. On se demande si tout n'est pas parti en bonne bouffe, puis on se dit que probablement pas, tant l'ensemble de la distribution enchaine ses répliques comme si on les menait à l'abattoir.

Un certain temps après la séance, la "meilleure" scène du film se rappellera à notre bon souvenir : Edouard Baer/Asterix face à Fabrice Luchini/César. Ce dernier fait part de l'agacement qui est le sien de retrouver toujours le petit Gaulois sur son chemin. "Mais ce sont les aventures d'Asterix le Gaulois, pas de César le Romain!" lui répond-il. La blague fourre, la mise en abyme aussi. Mais là aurait pu se jouer un véritable passage de relais entre les deux comédiens, qui, de leur goût commun du verbe à leurs fulgurances en plateau télé, partagent une vraie filiation. Que Nenni. La scène passe, et Tirard échoue immanquablement à agir sur deux niveaux, à dépasser le premier degré. Baer est prisonnier d'Asterix, comme Lemercier ou Gallienne de leurs faux accents britishs ridicules. Tout cela est juste un peu triste, sans folie. Désespérément mou.

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