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Dès l’annonce du projet BAC Nord on avait de quoi être impatient de plonger avec les policiers de la BAC dans cet enfer des cités des quartiers nord de Marseille. Enfer représentatif de bon nombre de banlieues, et tout ce qui y touche de près ou de loin semble forcément attirer une polémique politique, estampillée discours d’extrême droite. Il faut dire que les élites ne prennent pas le RER parisien au quotidien et ne doivent connaître que de Marseille les calanques, préférant fermer les yeux sur l’hyper violence quotidienne et le communautarisme ambiant. De même que les médias dans leurs tours dorées d’Issy Les Moulineaux pour lesquels chaque sujet épineux semble une aubaine pour rameuter et faire vendre par la peur. Dès lors, toute critique préférant salir le film de ce point de vue manque clairement de discernement et il faudrait une réelle prise de conscience que tente pourtant de faire ici Cédric Jimenez.

BAC Nord fait le choix, à l’image de la superbe réussite Les Misérables, d’affronter son sujet dans un rythme effréné, avec rudesse mais aussi beaucoup de justesse. De mon point de vue le film ne se trompe pas dans la manière d’aborder son sujet. On aime ces trois flics et on peut facilement comprendre la complexité de leur tâche, affronter des quartiers entiers et tenter de démanteler le trafic de drogue avec en fond des règlements de compte qui laissent entendre que ces mecs-là risquent leur vie au quotidien. Le manque de moyens dans la police est toujours flagrant, notamment après des années à laisser faire. Faire régner l’ordre dans un pays où le moindre écart laisse place à l’indignation collective n’est pas chose aisée, et ce qui me révolte profondément quand des baffes méritent de se perdre dans une société toujours plus dure et sans merci. Société d’ailleurs, où le politicien préfère toujours sauver ses propres fesses, ici encore.

BAC Nord ça fait peur et ça fait mal de se dire que de telles violences existent au quotidien et qu’on fait tous le choix de fermer les yeux, préférant avoir un peu peur quand on rentre tard le soir chez soi. Ça fait peur de voir que les flics n’ont pas les moyens d’affronter des jeunes en manque d’éducation prêts à tout dont les limites de la violence n’existent pas. Et ça craint tout autant quand on sait que les politiques ne font rien de peur d’être affilié à des courants extrémistes, très mauvais pour leur image.

La qualité du film au-delà de scènes d’actions brillantes, repose énormément sur son casting. Difficile de passer à côté du formidable trio d’acteurs, chacun excellent. Que ça fait du bien de voir un bon film français ! Cédric Jimenez excelle dans sa proposition, et renoue après La French avec un long métrage d’une grande force qui fait date.

On peut néanmoins nuancer la manière d’aborder le quotidien des policiers de la BAC de Marseille car Marseille n’est pas dépeinte à son avantage, et ne va pas convaincre ceux qui comme moi ont de nombreux a priori sur la cité phocéenne.

Alors que peut-être effectivement, de ce point de vue-là le film méritait de tempérer ses propos en montrant autre chose, mais on aurait pu, dès lors, lui reprocher de s’éloigner de son sujet ou de faire une tentative vaine de faire passer les flics pour ce qu’ils ne sont pas, sans tomber dans l’éternelle opposition homme blanc versus homme de couleur.

Ma couleur à moi elle est bleue blanc rouge, et je suis fier de voir un film qui n'a rien à envier du côté des américains. On est capable de faire des bons films, et je crois que François Civil en est le fer de lance. Il est toutefois dommageable de systématiquement tomber dans un débat politique quand il s'agit de questionner les agissements des flics et des voyous, preuve sans doute, que quelque chose ne va pas.

8/10.

RemsGoonix
8
Écrit par

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