Dernier film en date de John Mac Tiernan ( Die Hard 1 et 3, Predator ) avant ses démêlés judiciaires, Basic est un thriller policier se déroulant en pleine jungle du Panama. Suite à un exercice militaire en pleine nature ayant mal tourné, le chef officier Pete Wilmer demande de l'aide à l'agent Tom Hardy afin de résoudre les zones d'interrogations autour de ce malheureux incident, très vite les différentes versions des deux seuls rescapés installent le doute sur cette histoire aux apparences trompeuses.
L'intrigue peut être vue comme un jeu du Cluédo géant auquel participe une fourchette d'excellents acteurs, et dont le duo John Travolta/Connie Nielsen mène la danse. Basic marque aussi deux retrouvailles : d'abord celle du cinéaste avec Samuel L.Jackson, huit ans après Die Hard 3, et ensuite celle de Travolta et Jackson, neuf ans après Pulp Fiction. Travolta, justement, y est honnête, rien de moins, rien de plus, la magnifique Connie Nielsen sort par contre du lot, impliquée et sensuelle elle tient le duo principale à elle toute seule, Travolta lui même peut s'incliner.
Hormis son casting le point fort du film tient résolument de son scénario, dans l'ensemble assez bon et intelligent, mais beaucoup trop embrouillé à l'écran. L'accumulation d'informations, déjà complexe, n'aident pas quand celles ci se contredisent constamment tout au long du film, Tiernan joue un jeu vicieux et nous envoie constamment sur de mauvaises pistes, si bien que l'on en prend plus aucunes au sérieux, ce qui a le don rapide de désorienter le spectateur. Étouffant, oppressant, l'ambiance de Basic est une sorte de huit clos naturelle agressée par la pluie tel l'Identity de James Mangold, dont il possède beaucoup de similitudes. Mais là où Mangold rendait son scénario clair et limpide, Tiernan s'embrouille et n'offre qu'un polar malin mais confus.
Il est clair que ce n'est pas le meilleur film de Tiernan, l'habitué au film d'action signe un thriller plus psychologique où s'affrontent une poignée d'homme dans une quête de vérité, on attend constamment la résolution finale, étonnante, qui finit d'achever les derniers à avoir compris quelque chose à ce bordel scénaristique. Le réalisateur de Piège de Cristal n'est indéniablement pas à son aise dans les scénarios complexes, sa patte se fait davantage sentir dans l'intensité et la tension qu'il parvient à installer tout au long du film. Cependant le film est loin d'être mauvais : original, tendu et parfaitement joué, Basic mérite d'être vu; lentement, doucement, afin de bien tout comprendre, mais mérite d'être vu.