Flesh, blood and kitch

Avis sur Benedetta

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Waouh ! Je ne m’attendais pas à ça. Ou plutôt tout ça pour ça pourrait-on finalement dire. Des mois, quasiment des années de patience pour découvrir le nouveau film du « maître » Paul Verhoeven qui aura 83 ans la semaine prochaine. Un peu à la manière d’un Kubrick, le cinéaste hollandais nous fait désormais attendre 5 ou 10 ans entre chacun de ses films (son dernier Elle date de 2016, son avant dernier Black Book de 2006) ce qui semble être une façon comme une autre de suggérer leur importance.

Sur le sujet même du film en revanche, il n’y avait plus vraiment de mystère. Il avait été parfaitement bien vendu dans la presse, accompagné d’un légitime parfum de scandale et cela semblait d’autant plus intéressant que cette fameuse Benedetta a réellement existé. Benedetta Carlini de Vellano de son vraie nom, fût une religieuse italienne du XVIIe siècle qui eut une certaine influence locale en prétendant avoir des visions divines ou démoniaques et a fini condamnée à 35 ans de réclusion pour avoir eue une relation homosexuelle au sein du couvent.
Avec tout cela il y avait en effet matière à faire quelque chose d’intéressant, certainement de sulfureux, peut être même de transcendant, sur la rencontre entre la foi et le désir ou encore les tabous de l’église autour des passions charnelles.

Mais alors qu’on s’attendait à découvrir un nouveau Des hommes et des dieux conjugué au féminin , on se retrouve en face d’une sorte de série B mi-érotique, mi-horrifique avec son lot d’hémoglobine et de nonnes à poil. Verhoeven nous relate effectivement, encore que de façon assez cartoonesque, l’ histoire (véritable ?) de cette nonne, mais ce qu’on retient surtout c’est le kitch et la provocation de tous les instants, sans cesse soulignés par les nombreuses transgressions un peu puériles du film et par l’apparition par intermittence d’un Jésus de pacotille dans les « visions » de notre héroïne.

Au lieu d’être transporté par le propos du film, on alterne donc sans-cesse, entre dégoût et fou-rires. C’était sans doute volontaire, sauf que Benedetta n’est absolument pas vendu comme une comédie, mais plutôt comme un drame religieux (cf son affiche). L’aspect humoristique est d’ailleurs sans cesse renforcé par le fait que les acteurs, prestigieux pour certains, donnent l’impression de nous livrer la version parodique des rôles sérieux qu’ils déjà ont tenus auparavant. Pour rappel, Lambert Wilson incarnait déjà une figure d’autorité religieuse dans Des Hommes et des dieux.

Comme on pouvait s’y attendre le kitch finit par déraper vers le grand guignol à la fin. Bref on a droit au bûcher, à des tortures diverses, à la peste noire qui transforme les personnages en zombies et bien sûr des massacres sanglants dans tous les sens. Verhoeven semble s’être bien amusé en tout cas. Pour ma part un peu moins.

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