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Birdman, un film sur la conviction et le décloisonnement des genres, mon explication

Ce film est très bien construit et je trouve personnellement que tout a du sens, rien n’est laissé au hasard. Il m'est de toute façon impossible de penser qu'un gars qui fait 2 heures de plans séquences soit incapable de faire une fin correcte avec du sens. Je me permets de vous livrer ici ma compréhension du film :

Le discours du film ne repose pas complètement sur la déchéance d'un acteur à cause des blockbusters. Le discours du film repose sur la CONVICTION. L'idée est de convaincre. Pendant tout le film Riggan Thomson n'est pas convaincu d'avoir quitté le personnage de Birdman tant il le hante, il n'est pas convaincu non plus par son propre projet tant il se sent au bord du malaise vagal. Ses pouvoirs, son projet théâtral et son personnage de Birdman vont suivre une pente ascendante vers plus de conviction : il est convaincu d'avoir des pouvoirs comme Birdman et il les affiche de plus en plus jusqu'à les montrer à la fin à sa fille et il est convaincu de ce qu'il faut faire et donner sur scène pour convaincre les critiques qu'il est un bon acteur et pas seulement une célébrité. On a donc l’ascension d’un personnage dans son métier d’acteur jusqu’à la consécration. Tout est parfaitement mis en scène pour cela.

Au-dessus de cette 1e trame, il y a le propos du cinéaste toujours sur la conviction mais vis-à-vis des genres. Ce propos se lit essentiellement dans la mise en scène. Il s’agit d’un plan séquence qui en dit long sur la porosité entre le réel du personnage et le théâtre, mais comme tout est fiction, entre le cinéma du personnage et son théâtre, entre son rôle dans le film, son rôle au théâtre et son ancien rôle de superhéros. Tout est lié, il n’y a pas de cloison. Le plan séquence est une façon pour Inarritu de dénoncer le cloisonnement des genres. Cette dénonciation apparait claire avec les images du début qui ne font pas partis du plan séquence et qui montrent quoi : une météorité qui fait nettement référence à l’arrivée de superman et des méduses qui renvoient au drame et à une scène typique des drama que Riggan raconte à son ex-épouse. Ce cloisonnement est encore explicitement énoncé par la critique théâtrale où, non seulement elle lui dit qu’il n’est pas un acteur mais une célébrité, mais aussi qu’il fait perdre du temps à ce théâtre qui pourrait monter des projets bien plus intéressants. Elle rejette clairement et sans aucune curiosité l’acteur de cinéma, et qui plus est de blockbuster, qui veut faire du théâtre. Inarritu dénonce cela et montre que si l’on est un bon acteur convaincant alors on peut faire de très bons films qu’il soit dramatique ou des blockbusters. Si l’on est convaincu de son projet et qu’on le bosse bien, il convaincra la critique et le spectateur ; tous ceux qui porteront le projet seront de bons acteurs prêts à avoir un oscar. D’ailleurs, la clé de cela est la scène d’apothéose où justement c’est son double Birdman qui gonfle à bloc Riggan et qui l’amène à être très bon au théâtre, pour dire que chaque rôle enrichi le suivant. En plus quel prénom ! a-t-on fait mieux en terme de décloisonnement ? Un acteur devenu président des Etats-unis. Le décloisonnement des genres s’affiche aussi avec cette scène étrange sur la scène d’un théâtre avec des superhéros, des personnages en costume, une fanfare…

Encore au-dessus de ces deux lectures, il y a le pied de nez d’Inarritu. Il nous fait littéralement un pied de nez car son film est placé sous le signe du blockbuster : il s’appelle Birdman et pas la vie misérable de Riggan, nous avons un personnage qui se cherche, qui cherche son identité n’est-il pas Birdman ? Ben en fait si puisque ses pouvoirs sont de plus en plus incroyables et maitrisés et qu’il les affiche à tout le monde, d’une part quand il saute du haut de l’immeuble et ensuite à sa fille. La réaction de sa fille est celle que voulait Inarritu pour son pied de nez, elle se marre, car finalement son père est un superhéros qui s’appelle Birdman, car finalement ce cloisonnement des genres est risible, rire que l’on entend après l’écran noir de la fin ce qui rappelle qyue tout ceci est un discours sur l’œuvre de fiction. Finalement ce film est aussi la naissance d’un superhéros avec sa part de recherche d’identité qui commence souvent par un héros médiocre et qui finit par la star incontestée en plein possession de ses pouvoirs. Inarritu nous livre alors un film type blockbuster avec sa scène magistrale de destruction de ville et de folie d’explosion qui arrive à la presque toute fin du film comme tout scène d’apothéose qui se respecte dans un blockbuster.

Au-delà même de cette histoire en trois couches, le pied de nez va plus loin car ce blockbuster d’Inarritu a été salué par la critique et a reçu des oscars, comme quoi, un projet convaincant, avec des acteurs convaincants et sans cloisonnement des genres fonctionne très bien auprès de tout le monde.

Merci

Lampodion
9
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