Sucette Squad

Avis sur Birds of Prey (et la Fantabuleuse Histoire de...

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Birds of Prey ressemble beaucoup à ce qu'aurait pu être Suicide Squad. L’esthétique fluorescente ornée de sang, la violence cartoonesque et des bad-girls prêtes à défoncer du mafieux en mal de pouvoir, tout est ici réuni pour faire table rase du passé et remettre les pendules (roses et pailletées) à l'heure.

Exit donc le Joker, où Mr. J, comme il est surnommé par son épuisante ex Harley Quinn, dans une scène d'explosion faisant référence à l'unique belle scène du film de David Ayer. On y verra un portrait de Captain Boomerang quelque part dans un commissariat, une mention de l'arrestation du couple par Batman, mais ce sera tout pour la filiation, dans un projet définitivement tourné vers l'émancipation.

Biberonné par le succès de Deadpool et malgré un second degré parfois sympathique, ce Birds of Prey s'avère cependant fatiguant pour les mêmes raisons que son aîné. Obligé de lancer une super-compil de sons emplis de basses vomitives à chaque début de scène d'action et porté par une narration éclatée absolument inutile (au nom du coooool), la reprise en main d'une équipée bad-ass par Harley Quinn marque une volonté claire d'une relecture féministe où les hommes n'auront définitivement pas leur place.

Opportuniste car tout aussi vulgaire, bas de plafond dans son humour et dénué d'idées (Huntress n'est qu'une Béatrice Kiddo bis) et de connaissance de son univers (au secours Black Mask et ce pauvre Ewan McGregor qui cabotine dans le vide) , Birds of Prey se rattrape cependant dans son ambition visuelle et son ton cartoonesque plutôt réussi.

Tous les décors du film, ainsi que sa photographie épousent ainsi un ton résolument tourné vers le cartoon qui donnent à son action des airs de grand-huit sanglant rigolo où l'identité de l’héroïne peut ainsi enfin respirer. DC s'éloigne ainsi enfin du MCU pour un ton plus adulte, assumant l'identité d'un Gotham empli de cinglés où tout se règle dans le sang.

Malheureusement, les basses reprennent, l'opportunisme est flagrant, et ces 1h49 peuvent facilement filer la migraine. Birds of Prey est ainsi telle une sucette ; pop, colorée et attirante, son goût fortement dosé en sucre finit par écœurer, d'autant que son côté collant finit par gêner. Un Sucette Squad en somme.

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