Le cheval, l'enfant et le fromage

Avis sur Blade Runner 2049

Avatar Jean  Louis
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Il est toujours dangereux de s'attaquer à la suite d'un film inscrit au Panthéon des cinéphiles. On avait toutes les raisons de s'attendre au pire. Quand vinrent les premiers visuels de l'affiche du film, il y avait de quoi s'inquiéter au vu de l'atrocité qui fut présenté, même si les bandes d'annonces présageaient le contraire, comme le nom de Denis Villeneuve à la réalisation.

On ne peut cependant que constater que Blade Runner 2049 fait honneur à Blade Runner. Le scénario et la réalisation se réinvente sans jamais bafouer l'original; Denis Villeneuve alterne entre clin d’œil comme les plans d'ensemble sur Los Angeles et sa patte scénique. La réappropriation de l’œuvre de Ridley Scott par Villeneuve est complète, tentant d'imposer des séquences qui font écho à l'original avec un certain goût pour la postérité. Ce qui marquait déjà chez Denis Villeneuve dans ces films précédents et plus particulièrement dans Premier Contact, c'était le développement de l'univers, de l'ambiance, qu'il mettait en place; les détails ne sont jamais négligés et tout est fait en sorte pour y apporter crédibilité. Blade Runner 2049 est ce genre de film où l'ambiance prime, et dès lors qu'on y accroche, les erreurs se font vite oublier ; on comprendra de surcroît que si le film ne vous attire pas, la séance se résumera par une pénible sieste ponctuée d'images désagréables. On remarquait dans les précédents films de Denis Villeneuve son attrait pour les grands espaces qui céans trouve plus que jamais sa place.La réalisation entre en symbiose avec l'univers de Blade Runner.
S'il y a un reproche que l'on concéderait à Blade Runner 2049, c'est celui d'avoir du mal à trouver son rythme sur certaines séquences et certains dialogues et d'user à une poignée de reprises de procédés scénaristiques quelque peu grotesque, bien que Denis Villeneuve se sorte honorablement de ces situations.

Oublier la photographie consisterait une offense pour Roger Deakins, habitué du job pour Denis Villeneuve. Les paris visuels sont époustouflants, les contrastes suivent la même logique que le premier tandis que Deakins montre un profond respect pour le travail de son prédécesseur, Jordan Cronenweth.

Un des éléments qui marquaient d'entrée l'esprit dans Blade Runner n'était pas visuel mais bien sonore. Succédé à la partition désormais mythique et intemporelle de Vangelis consistait un véritable défi chimérique. Ce pari fou, on prit soin de le confier à un homme d'expérience, déjà auréolé de nombreux succès, en la personne de Hans Zimmer, épaulé par le jeune compositeur Benjamin Wallfisch. Et comme à son habitude, c'est avec brio que Hans Zimmer et que son jeune collègue réussissent. Gardant les tonalités électroniques de Vangelis, les deux compositeurs signent ici une succession plus que convaincante et s'est à s'y méprendre que l'on confondrait à juste titre les deux partitions.

Ce qui saute aux yeux dans ce nouvel opus de Blade Runner, c'est la vision du dépérissement de l'humanité qui nous est présenté. Rick Deckard alias Harrison Ford montre ses faiblesses (il est vrai que Ford n'est plus d'une toute première jeunesse) et paraît plus fragile que jamais. Mais de façon générale, les hommes semblent affaibli tout au long du film tandis que les réplicants paraissent plus humains qu'humains comme aurait dit Eldon Tyrell. Les premières séquences avec Harrison Ford en sont bien le reflet de cette humanité au bord de la suffocation tandis que les premières séquences du long-métrage nous montrent des réplicants plus fort que jamais. Ce n'est ni la photographie, ni la réalisation, ni le casting qui auront quelque chose à y redire. Certes, c'est aussi à regret que Blade Runner 2049 n'égale pas le mysticisme de la version de Ridley Scott.

L'autre coup de force réalisé par Denis Villeneuve concerne le choix des acteurs: Ryan Gosling est brillant comme, à vrai dire, l'intégralité du casting.

Blade Runner 2049 succède avec honneur à l'opus de Ridley Scott. Si elle n'égale cependant pas la version de 1982, elle a le mérite d'avoir su se réinventer en respectant la mémoire du précédant.

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