Naissance d'une icône.

Avis sur Brève rencontre

Avatar Terrence Jung Gustav Mckenna
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Il suffit d'un regard charmeur pour détourner tout les compères.
Une flamme dans un regard frisant et défiant quiconque intervient dans sa trajectoire.
Que ressentir aux premiers abords de rôles plus humanisant les uns que les autres, ou tourner sa vision lorsque celle ci est tronquée par la beauté étincelante de deux yeux pénétrants les corsets de nos âmes ?

David Lean, je ne le connais pas. Il a fait des classiques tous non vus pour ma part. Je ne suis même pas sur qu'il soit intéressant. Il semble être d'un rutilant académisme.
Mais dans les années 40, l'académisme filmique a un charme qui se pérennise encore aujourd'hui.
L'establishment voulait alors à l'époque laisser la part belle à son auteur même dans un film de commande. C'est ce qui est ressenti dans cette oeuvre.

L'histoire, simple, d'un adultère, qui éclate au grand jour chez l'impénétrable Laura. Celia Johnson est subtile et chaleureuse, mais son visage exprime des méandres sentimentaux bien plus vacillants.
Il est certain que Trevor Howard n'est pas en reste, mais déstabilisé face à une femme autant charismatique. Que dire de plus ? La mise en scène exemplaire, explorant pratiquement toujours les mêmes endroits citadins, pour exprimer un monde se refermant sur Laura. Son long flashback, recouvrant presque toute la durée du métrage, est tel une ellipse mondaine dans la vie d'une bourgeoise maitresse. Son regard, profond et sincère, est iconique. Il est l'illustration des différentes scènes que le film nous présente en une fraction de seconde. Les décors, si souvent les mêmes, pour la raison de créer ce sentiment de cloisonnement et de prison, se morfondent tous dans un seul de ces atténuants regards.

Brève rencontre n'est finalement que la brève relation de quatre yeux, se croisant souvent, sans jamais pouvoir se réconcilier face à la prison domestique qu'est leur amour, les deux protagonistes, en toute pudeur, face à la honte du regard des autres ne se concilient jamais. Perdu dans une société en arrière sur leur temps, qu'ils n'ont d'ailleurs pas, ils sont condamnés à errer dans le cachot conjugale et la séparation intime.

Avec entrain, je conseille vivement ce film, parce que des mélodrames comme ceux-là, on n'en fera plus. L'époque ne le voudrait pas.

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