La comédie romantique...ou ce qu'il en reste en 2016.

Avis sur Bridget Jones Baby

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J'avoue que Bridget Jones Baby est un film qui m'a intéressé, pas vraiment pour ce que ça raconte, mais pour qu'il pose à ce moment-là du cinéma. A savoir ce qu'est devenue la comédie romantique, genre florissant dans les années 2000, plus exactement en 1999 avec Coup de foudre à Nothing Hill.
Il y a eu des tas de films plus ou moins réussis, Le diable s'habille en Prada et surtout 500 jours ensemble étant parmi les sommets, mais c'est intéressant de voir qu'aujourd'hui, le genre est en perte de vitesse, car, je pense que l'expression des sentiments ne change pas vraiment à travers les époques. C'est plus le contexte qui fait qu'on regarde ces films.

Ce troisième volet de la saga Bridget Jones est d'ailleurs en queue de comète de la comédie romantique, car les deux premiers films, sortis respectivement en 2001 et 2004, étaient des cartons absolus, en plus de consacrer Renée Zellweger comme star. Là, nous sommes douze ans plus tard, Bridget Jones est à nouveau seule, ayant retrouvée son poids idéal (comment, on ne sait pas...), et en peu de temps, couche à nouveau avec Mark Darcy, joué par Colin Firth, mais aussi avec un américain, Jack, incarné par Patrick Dempsey. Et ce qui devait arriver arriva ; Bridget tombe enceinte, et la question est de savoir qui est le papa.
Entre parenthèses, un test de paternité peut se faire avant la naissance de l'enfant, ce qui fait que le film durerait 30 minutes, mais passons...

Je n'ai plus aucun souvenir des deux premiers films, si ce n'est la présence de Hugh Grant, lequel est annoncé mort dès le départ, et le fait que Bridget Jones consigne son histoire dans son carnet, qui n'est désormais plus de papier, mais c'est un Ipad. Mais là, ça a vaguement le charme de comédies anglaises désuètes, où prononcer le mot chatte semble être le plus grand outrage, où tout le monde est guindé sauf l'américain, Patrick Dempsey donc, qui se balade avec décontraction, et Colin Firth qui a subi une cure d'amaigrissement par rapport aux deux précédents films, si j'en juge les multiples extraits qu'on voit. Quant à Renée Zellweger, qui revient au cinéma après un hiatus de six ans, elle aussi a fondu, mais a un visage sans âge, peu de rides, le signe d'une chirurgie esthétique ?

Le film prend aussi en compte son époque, où la copine de Bridget Jones est une femme libérée qui explore sa sexualité de manière décomplexée, sa mère qui est une personne conservatrice qui se présente à des élections, et où les jeunes sont montrés un peu comme des petits cons.
Il y a aussi la présence des sites de rencontre, notamment celui crée par Jack, qui détermine le pourcentage d'affinité entre deux personnes, et on voit aussi quelques couples homosexuels, mais là, c'est très succinct.

Au fond, le personnage le plus intéressant du film est celle de la gynécologue jouée par Emma Thomson, qui est d'ailleurs créditée comme coscénariste, qui semble revenue de tout, détachée de tout, et qui trouve parfaitement normal d'une double paternité, ça ne la choque pas.
On retrouve aussi les codes de la romcom avec une bande originale foisonnante, une scène où Renée Zellweger est forcément dehors sous la pluie, ou alors qui se réveille avec le drap parfaitement au-dessus de la taille, contrairement aux hommes.

C'est peut-être pour ça, que le film ne veut en fin compte rien bousculer, que je n'ai pas pu détester ça, et trouver le résultat plus attendrissant qu'autre chose. Au niveau de la forme, on est loin de Citizen Kane, rien qui ne réveille le regard, mais c'est typiquement le genre de films qu'on peut voir un dimanche sous la couette quand il n'y a rien à faire. Même si la menace d'un quatrième volet plane...

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