A un plan du navet

Avis sur Bug

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Je sors franchement très déçu de Bug. Pourquoi ? Eh bien connaissant Friedkin je m'attendais à beaucoup mieux. Dès le début je me suis demandé ce que faisait ce film sur tant de listes, les premières minutes sont fades. J'avais l'impression de voir un énorme énième navet que les années 2000, sachant le faire mieux que toutes (les 80's c'est de la rigolade) auraient pondu. Les personnages sont déjà typés : il y a la lesbienne qui cherche à récupérer ses gosses après une rupture, la droguée qui vit seule dans son motel fade parce qu'elle a perdu son fis et son ex-mari qui revient de prison afin de la voir, tout en sachant qu'il n'a normalement pas le droit, gloire à la sainte justice américaine. En soit les personnages, bien qu'extravagants, sont intéressants à traiter. La question est : Bug le fait-il bien ? En vérité je ne saurai pas le dire, parce que Friedkin est un réalisateur très intelligent. Si bien que tous ces personnages, dont finalement on se moque allègrement, sont balayés par l'arrivée de l'élément central qui va mener la danse le long du film.

Donc, au bout de 20 minutes, la lesbienne 1, (oui car la droguée du motel est aussi lesbienne, et la lesbienne 1 aussi droguée, enfin je crois) comme par magie, puisqu'il fallait bien du deus ex-machina, amène à sa copine du motel pourri un puceau. Et puis, encore comme par enchantement, disons le coup de foudre ici, le puceau reste dormir au motel. Bien évidemment, étant donné que ce sont des adultes chiants, le puceau et la droguée vont baiser. Et c'est là que William réalise, selon moi, la plus grande erreur, mais aussi le tour de passe-passe le plus intelligent du film. Le tour de passe-passe se trouve dans la manière dont sont filmés les soit-disant insectes. Justement, ils ne sont pas filmés, c'est ce qui va permettre tout le doute et la tension constante éprouvée des deux côtés de l'écran. Inversement, l'erreur est cette volonté à faire parler les personnages sans cesse, c'est trop, beaucoup trop. Ils baisent et ils parlent, encore et encore, c'est long, trop long. L'angoisse montante du film est totalement noyée au milieu des tirades du puceau, qui ne l'est plus et se transforme de plus en plus en fou échappé de l'armée, ou en soldat à la tête retournée par la guerre.

Ce qui aurait été intéressant, ce serait d'avoir moins misé sur le passif du puceau et d'avoir tenté un énorme plan séquence en huit clos jusqu'à la fin du film. Là le film aurait tellement gagné en crédibilité (le type qui reste toutes les nuits chez une fille bof quoi), en angoisse, et même en terme d’originalité. Le spectateur aurait suivi le décor devenir sombre, les murs se rapprocher, les personnages délirer à la manière de Répulsion.
Entre autres, la fin du film est très appréciable, il se dégage parfaitement la folie à l'état pur.

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