Téléphone à râble

Avis sur Buried

Avatar real_folk_blues
Critique publiée par le (modifiée le )

Si je vous disais que je faisais une telle tête d’enterrement après avoir vu TDKR (encore lui) qu’il m’a semblé logique de visionner Buried ?

(rires en boite)

Excusez la parenthèse douteuse du dessus au vu de la nature du sujet qui nous intéresse ici.

Buried c’est a priori 90 minutes de raisons de se vautrer dans l’ennui ou la facilité. À voir comme ça sur le papier un huis clos se déroulant dans un cercueil en compagnie de Ryan Reynolds arborant une tête de déterré (mouohoho) avec la promesse de rester à ses côtés du début à la fin, ça n’a rien de réjouissant.

Mais comme je suis un gars ouvert et tout et tout j’ai décidé d’enterrer (lolilol) la hache de guerre.

(rires en boite)

Promis c’était la dernière fois…

Plus sérieusement, Buried est un huis clos tout ce qu’il y a de plus efficace, renfermant son lot de tension psychologique, de moments d’espoir et de découragement plutôt bien amenés, et Reynold tiens très honorablement —et à ma grande surprise— la barre.

Si les enjeux ne brillent pas par leur originalité et si le récit n’évite pas certains écueils sentimentalistes fadasses, le principal atout que l’on attend de ce genre d’histoire est sa capacité à faire ressentir un tant soit peu d’empathie envers le (seul) personnage à l’écran. De ce côté là ça fonctionne plutôt bien, le futur Green Lantern brillant d’un jeu plus intense que celui auquel il nous avait habitué jusque là (et après ça aussi).

Du côté de la réalisation, Cortès fait preuve de beaucoup d’agilité et parvient assez malignement à s’affranchir des limites spatiales imposées par le concept de son histoire. Pour autant que je puisse en témoigner aucun plan n’est identique à un autre, aucune vue réutilisée, la caméra alterne entre plan serrés, plans larges, travellings horizontaux et verticaux, et rotations autours du personnage de Paul.

Pas mal pour un petit film tourné en 17 jours dans un décor unique en forme de cercueil.

Le reste de l’intrigue et des personnages est suggérée par le procédé du téléphone, dont le rythme des intrusions dans la solitude du héros construit progressivement et parallèlement tout un monde autour renforçant son isolement physique et métaphysique, ainsi que l’avancement d’une échéance dramatique remplissant parfaitement son rôle de bâtisseur d’ambiance et de substance. On ne s’ennuie donc pas une seconde malgré le vide, malgré l’absence, malgré la durée.

Je tairai volontairement les tenants et aboutissant de l’histoire pour une raison que vous comprendrez après l’avoir vu, n’étant moi même pas tout à fait sûr de savoir comment le digérer.

Boi-boite à camembert…

Bref, un bon huis clos sur-vendu mais honorable, avec un Ryan Reynolds supportable, et plutôt bien mis en boite...

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