Woody et la robotisation cinématographique …et psychologique

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Sur la route de la fable sociale nourrie au nombrilisme new-yorkais, Woody Allen continue à dépeindre ses névroses avec humour en se moquant gentiment d'Hollywood pour dire ensuite que New York c'est quand même la maison. Il en profite pour encore parler de lui en filmant pêle-mêle : les gens du cinéma façon Le Dernier Nabab, un héros dans lequel il se projette (Jesse Eisenberg), des blagues sur les juifs et le judaïsme, le sexe (il y a d'ailleurs même un gag assez drôle qui arrive mélanger les deux), des gangsters (bon là, vu l'inutilité de cette partie du film, on se dit qu'il s'est fait plaisir sans trop se poser de question) et des histoires de famille sordides où l'ex-compagne du personnage central devient … sa tante (par alliance, mais bon…). En résumé, Woody Allen c'est un anti-Ken Loach qui a tenté sur ce coup de faire du Visconti. Mais là où Loach fait des films sociaux, engagés, avec du fond, des acteurs pas toujours très connus, même si on est évidemment pas obligé de faire cela quand on fait du cinéma, eh bien Woody Allen, lui, continue de mettre devant sa caméra une ribambelles d'intellectuels et d'artistes superficiels dont on rit de manière tout aussi superficielle incarnés par des acteurs connus venus de Twilight ou Insaisissables, et encore le cadre des belles années américaines entre les deux guerres. D'ailleurs, en parlant de superficiel, il s'agit encore d'un film qui utilise le mot amour alors qu'il parle en fait de passions et de flirts devenus habitudes. Faut arrêter la psychanalyse M. Allen, cela vous rend répétitif.
Alors oui, il y a aussi la beauté des images, mais elles paraissent bien artificielles. Visconti c'est sublime mais c'est difficile à refaire. Et enfin, si le film se regarde agréablement, il saute aux yeux que les acteurs ne sont pas au niveau de son précédent opus, L'Homme Irrationnel, qui était dans la même veine, mais profitait du talent d' Emma Stone et surtout de Joaquin Phenix et pas de la transparence de Kirsten Stewart et de la mollesse répétitive de Jesse Einsenberg. Heureusement que Corey Stoll et Steve Carell relèvent le niveau.
Un énième Woody Allen au bout du compte, plaisant à voir, avec sa patte et sa maitrise habituelle, avec également le vide et la redondance auquel il nous a habitué ces dix dernières années.

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