Le combat des chefs

Avis sur César et Rosalie

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Par amour d'une femme, deux hommes vont s'affronter à fleurets pas toujours mouchetés. L'emportera celui qui saura le mieux être sincère avec elle et avec lui-même. C'est à peu près le résumé de ce chef-d'oeuvre supplémentaire dans la filmographie de Claude Sautet, cinéaste de la beauté et de la grandeur des sentiments. Encore une fois, les péripéties de ses personnages ne sont utiles que parce-qu'elle permettent à chacun d'eux de révéler des émotions et des sentiments souvent enfouis profondément.

Le triangle est amoureux et le combat et celui des chefs. A droite César, homme sûr de lui en affaires, beaucoup moins en amour. Il est généreux, imprévisible, gouailleur, manque peut-être un peu de culture mais pas d'intelligence, un Latin authentique. A gauche David, de retour des Etats-Unis après cinq ans et toujours amoureux de Rosalie, il est aussi intelligent mais possède cette "culture" qui manque à César, il est posé et ne parle que pour dire l'essentiel. L'arbitre c'est Rosalie, femme aimante et aimée qui refuse de faire souffrir mais reste indépendante d'esprit et de corps, elle attend de l'homme qu'elle aime une certaine droiture et beaucoup de respect.

Ces trois-là vont se tourner autour, se déchirer, se rapprocher et se déchirer de nouveau, incapables de savoir vers qui leurs sentiments les mènent. On parle d'amitié autant que d'amour car, s'il y a un ballet pour conquérir Rosalie il y aussi un rapprochement, d'abord stratégique puis sincère, entre César et David qui, malgré une rivalité parfois sanglante et des personnalités opposées, apprendront à s'apprivoiser. César sortira David de son atelier de dessin et David ajoutera de la finesse d'esprit à l'intelligence de César.

Tous sont magnifiques, des acteurs de génie à commencer par Montand, tellement parfait pour montrer les visages d'un César si directif quand il gère son entreprise et si maladroit quand il s'agit de conquérir le coeur d'une Romy Schneider resplendissante. Qu'elle était belle, qu'elle jouait bien et semblait épanouie devant la caméra, qu'elle charme avait ce petit accent venu d'outre-Rhin, ils et elles ont dû être nombreu(ses)x les spectat(rices)eurs amoureu(ses)x d'elle. Sami Frey est un adversaire implacable qui, s'il n'a pas le verbe haut de Montand, promène un magnétisme qui fascine par son silence et ses regards qui transpercent.

Une des plus belles histoires d'amour du cinéma, probablement. Une des plus compliquées aussi, des plus déchirantes lorsque la fin approche et qu'on commence à penser au gâchis qu'elle représente. Sautet n'était pas un chirurgien de l'âme humaine, il ne disséquait pas les sentiments comme s'en vantent certains cinéastes. Non, allez savoir par quel miracle mais Sautet, lui l'âme humaine, il parvenait à la refléter et à en renvoyer le reflet sur un écran.

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