Correspondance – Jour 13

Avis sur Chair pour Frankenstein

Avatar Zalya
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---Bonjour voyageur égaré. Cette critique fait partie d'une série. Tu es ici au quatorzième chapitre. Je tiens à jour l'ordre et l'avancée de cette étrange saga ici :
https://www.senscritique.com/liste/Franky_goes_to_Hollywood/2022160
Si tu n'en a rien a faire et que tu veux juste la critique, tu peux lire, mais certains passages te sembleront obscurs. Je m'en excuse d'avance. Bonne soirée. --

Mon monde,

Alors là, je suis démunie. Heu… Quoi t’écrire ? Je pensais pourtant bien faire, je commençais à être à cours de parole sur la Hammer, il me fallait changer, j’ai précipité les choses, j’ai changé de décennie, remplacé la production d’un grand nom à un autre grand nom, et je me retrouve avec ça ?!
Alors ce n’était pas mauvais à proprement parler. Enfin je ne crois pas… Non, ça ne peut pas l’être, j’ai adoré la fin, ça épargne donc un avis totalement négatif. J’imagine…
Bon, alors, je me reprend. Chair pour Frankenstein, puisque je ne t'avais pas encore donné le titre, est une sorte de film érotique mais vraiment dérangé. Je crois que ça se veut drôle aussi par moments mais en ce qui me concerne je ne suis sortie de ma stupeur que lorsque le procédé révélait tout son manque de budget… Je dirais que ce n’était qu’à moitié pas fait exprès, car il me semble que le film revendique fièrement son appartenance à un circuit dérivé des gros systèmes de production Hollywoodiens. Je soupçonne même Paul Morissey d’avoir volontairement mis en exergue son sang-ketchup et autres (mais indémodables) chauve-souris en plastique par quelques gros plans un peu superflus.

Pour le reste, le sentiment dominant reste la gêne. Je ne suis pas sure d’apprécier ce type de film dont le caractère premier est de faire sentir son spectateur mal à l’aise. Surtout que, si j’essaye d’analyser un peu froidement ce que j’ai ressenti, je ne crois pas me mentir en disant que j’étais surtout gênée pour les acteurs et tout le reste de l’équipe du film. Ce qui serait un évident signe du caractère raté du film, mais je suis encore tellement stupéfaite de ce qui vient de m’arriver que je laisse à cette… œuvre le bénéfice du doute.
Je ne vais me mettre à te raconter le film, encore moins à toi qu’à quiconque, ce serait vraiment bizarre. J’aime notre relation comme elle est et je ne veux surtout pas que ce film n’interfère d’une quelconque manière, même inconsciente ! La fin sort un peu de ce ton étrange et très sexualisé, passant sur un registre de surenchère de violence que d’autres ont fait avec bien plus de brio mais qui reste quoi qu’il arrive toujours efficace. L’empilement des cadavres a quelque chose de burlesque qui, pris au second degré, est assez intéressant au final, avant de conclure sur cette fin ouverte absolument géniale, rappelant à notre mémoire de spectateur passif et oublieux cette première scène pourtant fascinante. L’écho entre l’introduction et la conclusion résonne alors savamment se révélant l’une l’autre, et, oui, s’il n’y avait pas eu tout cet entre-deux qui constitue les 95 % restant du film j’aurais pu être dithyrambique sur celui-ci. Si...
Ce n’est pas grâce à ce film que mes recherches progressent donc, mais grâce à tes lettres. Tu me rappelle (à juste titre, ne t'en veux pas d'enfoncer des portes ouvertes) que celui que je cherche n’est pas la créature de Frankenstein elle-même, et qu’il y a fort peu de chances qu’elle ai comme toi à un quelconque moment de l’Histoire cherché à se manifester par le biais du cinéma. Tu as raison, je te le confirme au centuple, moi qui connaît l’intéressé. Je ne suis censée chercher dans ces films qu’une forme d’inspiration, même indirecte, pour orienter ma quête. J’attends trop de ces films, depuis le début. Et comme tu me connais, j’ai tendance à être un tantinet impulsive, je pars dès cette nuit pour ma première destination. J’ai rassemblé les indices que j’ai récolté dans les films précédents : un peur-fascination pour le feu, un attrait pour le froid, un peur du changement que j’ai traduit par sa probable réinstallation sur une autre île, et un besoin de faible densité de population pour éviter les interaction avec n’importe quelle créature et ne pas se confronter à la peur des autres pour sa propre personne. Je te laisse découvrir sur l’adresse que je glisse dans cette enveloppe la destination que j’ai déduite.

Tendrement,
H.

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