Après le mariage.

Avis sur Chaque chose en son temps

Avatar Boubakar
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The family way est un film qui garde une certaine renommée pour les amateurs des Beatles, car il s'agit du premier disque (et bande originale) composé par Paul McCartney, profitant d'une pause du groupe durant l'année 1966. N'étant pas un mélomane averti, je laisserais la qualité de sa composition aux juges.
Ceci étant dit, le film est loin d'être une comédie, mais flirte avec le drame sur la vie après la mariage, surtout quand les époux sont aussi jeunes, la vingtaine. Ce mariage est approuvé par les deux familles, mais les ennuis commencent dès la cérémonie nuptiale, où un gag stupide à base lit qui s'effondre fait croire au garçon, joué par Hywel Bennett, que sa femme, Hayley Mills, se moque de lui en croyant qu'il ne peut la satisfaire. Puis, il y a le problème du logement, où ils sont si pauvres qu'il doivent encore habiter chez lui, plus exactement dans sa chambre, chez ses parents, coupant court là aussi à toute intimité. Ajoutez à cela des relations difficiles avec le père du jeune homme et une arnaque sur leur futur voyage de noces, font que le mariage commence mal.

Vous l'aurez sans doute deviné, The family way est un film sur lequel repose plusieurs frustrations. Sexuelle bien entendu, affective aussi, familiale, avec ce père bourru qui met la honte au fils en étant ivre mort à la soirée de mariage, mais c'est fait avec grande subtilité, quoiqu'il y ait de l'humour aussi. En particulier les commères qui viennent écouter les disputes du couple sous les fenêtres et faisant ainsi 1001 suppositions sur leur avenir.
Mais ça représente aussi une peur de la jeunesse anglaise de l'époque, qui ne peut pas partir de chez leurs parents à cause de manques de moyens. Le tout dans un film de chambre, tiré d'une pièce, où l'essentiel de l'action se passe soit dans la cuisine familiale, soit dans la chambre de jeunes mariés.

D'ailleurs, les deux acteurs sont y très bons, aussi bien Hywel Bennett que la jeune Hayley Mills, égérie britannique de Walt Disney au début des années 1960, et dont les réalisateurs se régalent à la pervertir, comme si The family way était son premier film adulte ; on la voit en nuisettes, aguicheuse, voire même les fesses apparentes alors qu'elle couvre son corps avec une serviette lorsque son mari la surprend en train de prendre un bain.

Comme c'est tiré d'une pièce, ça peut expliquer sa longueur, près de deux heures, et également que c'est vraiment bavard. Mais quelque part, ça pourrait donner un sujet pour un Ken Loach de cette époque, sur une condition sociale, affective et sexuelle difficile dans l'Angleterre de 1966, mais il est dommage que la fin soit au fond assez morale, comme si la providence était venue au secours du scénario. Mais en l'état, malgré sa réputation due à sa musique, The family way montre quelque chose au fond d'assez âpre sur la jeunesse de cette époque, mais sans aller non plus jusqu'au misérabilisme.

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