Chez nous – …ou comment romancer le journal de 20h.

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Bon… Moi va falloir qu’on m’explique c’était quoi l’objectif de ce film, parce que là, je ne vois pas.

Ce film était-il censé nous faire comprendre quelque-chose d’autre qu’on ne sache pas déjà sur le Front national ?
Ce film était-il censé nous faire sentir quelque-chose d’autre qu’on n’avait pas déjà perçu du Front national ?
Non parce que si c’était le cas, franchement, sur les deux plans, pour moi, ce film s’est totalement foiré !

Passer deux heures juste pour nous dire que le FN se nourrit de la misère des gens, qu’il instrumentalise des personnalités locales en cachant ses plus noirs aspects, tout en cristallisant les tensions sur les lieux mêmes où il se déploie, moi je trouve que c’est quand même « un peu court jeune homme » !

En gros, pour qui suit un minimum l’actualité, ce film n’apparaitra que comme une simple illustration poussive de ce qu’il sait déjà. Et comme derrière – cinéma social oblige (ou presque) ! – il n’y a quasiment aucun travail formel exercé sur ce film, moi j’en viens à me poser la question : « Mais où est l’intérêt ? »

Non mais sérieux : ça sert à quoi ce genre de film là ? Ça va parler à qui ?
Alors oui, les apeurés du FN s’apeureront sûrement face à l'écran… Mais comme les partisans eux, seront sûrement galvanisés de leur côté.

Tout est si platement illustré qu’au mieux, on pourrait presque rire de voir comment les artifices narratifs sont ici emboités. Allez ! Dans la même rue, je te mets une fille de militant gauchiste qui s’ouvre aux idées du FN ; un activiste forcené du GUD et une famille de rastons ordinaires dont le fils fait de la propagande extrémiste sur le net !
Enfin bon…

Et tout ça pour n’être au final que simplement démonstratif, rien de plus !
Ça ne pose que des situations sans ouvrir une seule piste de réflexion !
Ça t’enfile des constats sans parvenir un seul instant à donner du sens à ce qui se passe là, en ce moment !

Pourquoi ?
Lucas Belvaux a-t-il peur d’ouvrir la boîte de Pandore ?
A-t-il peur de se risquer à une vraie interprétation profonde de ce qui alimente aujourd’hui la montée du Front national ?
A moins que ce soit une simple question de compétence ; de clairvoyance ?

Non parce que quand je vois que le mec finit son film sur un match de Bollaert chantant la marseillaise Sang et Or, j’en viens carrément à m’interroger sur ses intentions.
Il cherche à nous dire quoi là au juste ? Qu’il faudrait qu’on se méfie de tous ces bataillons de pauvres qui sont déjà tous conditionnés à renforcer les rangs de Marine ? Moi ça me paraîtrait juste incroyable que d’oser nous claquer une aussi grossière violence de classes juste avant de conclure un film qui prétend condamner la montée du FN…

Mais bon, d’un autre côté j’ai beau chercher pour quelle autre raison Lucas Belvaux nous aurait claqué le Stade Bollaert à ce moment là de son propos, personnellement, je trouve toujours pas… Lui seul doit savoir. Peut-être un jour s’expliquera-t-il…

Moi, en tout cas, quand je vois un film aussi désolant je me dis que – s’il est représentatif de la vision que se font certaines personnes de la situation – eh bien alors ça n’augure rien de bon pour l’avenir…

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