Le plus gros défaut du film est sa proximité avec Heartless. Certes, Citadel s'éloigne de son modèle mais cependant pas assez, et parfois les ressemblances nous donnerait presque envie de hurler au scandale. Même menace: des enfants des cités pas vraiment humain, une tour de HLM menaçante étant le terreau du "mal", même héros et même métaphore même si le sujet de base n'est pas le même. En fait, le soucis c'est que durant la première heure, la sauce prend admirablement, pour retomber ensuite. Durant la première heure on est avec un jeune homme qui suite à une agression violente a perdu sa femme, et se retrouve seul pour s'occuper de sa fille, alors qu'il souffre d'une agoraphobie très présente. Le sentiment de cette peur et de l'angoisse même est superbement bien représenté, on est dedans, on a peur avec lui, on souffre avec lui, et le film nous rend à fleur de peau. Le problème? C'est dès que la menace des enfants monstrueux apparaît, elle n'est guère flippante. Très vite on réalise que ce n'est plus flippant du tout en réalité. Et le film se collant à Heartless de plus en plus, même menace mais en moins flippant, même finalité en moins impressionnant, il est difficile d'oublier l'ombre de Heartless qui plane sur la dernière partie du film et élimine un peu tout l'intérêt de Citadel.
Ceci dit, retenons que la métaphore marche superbement bien, que faire peur au spectateur n'était sans doute pas le but, mais la maladresse de s'être complètement inspiré de Heartless bousille néanmoins le film. Enfin, c'est un premier long métrage, ce qui nous laisse cependant présagé quelque chose d'intéressant par la suite si le réalisateur parvient à oublier ses modèles et ses inspirations. Ah et l'acteur principal joue parfaitement bien, très bon acteur étant donné la difficulté du rôle. Par contre le rôle du prête et de l'enfant aveugle, on aurait pu les oublier dès le scénario.