Rouge le poisson, rouge vif

Avis sur Cold Fish

Avatar Atomka
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Sion sono est une personne étrange et très certainement dérangé à qui il manque sans conteste deux ou trois cases. Loué soit notre bon seigneur d’avoir omis de lui donner un esprit saint doté de morale. Sans cela nous n’aurions pas le privilège de goûter à toute la beauté de ses réalisations dans lesquelles Cold Fish s’inscrit. Cette beauté sulfureuse, violente et puissante à laquelle nous sommes tenus d’assister s’exprime dans son plus bel apparat et revêt ses plus beaux habits sanglants pour nous offrir un spectacle meurtrier que nous ne sommes pas prêt d’oublier.

L’atmosphère est oppressante, inquiétante et flirt par moment avec le fantastique. De nombreux facteurs concours à cette ambiance propre aux films de Sion sono mais qui s’inspire de Terayama et se rapproche de l’américain David Lynch dans la forme.
Cold Fish s’intéresse particulièrement aux thèmes de l’apparence, des pulsions et des névroses qui rongent tout un chacun. Tous les personnages cachent leur véritable personnalité par crainte, la peur qui les empêche d’agir et d’exprimer les émotions qu’ils préfèrent enfuir en eux-mêmes. Le désir de changer de vie, celui d’affronter ses problèmes, de combattre ses peurs. Derrière le masque, l’homme se révèle être un animal sans foi ni loi qui ne contrôle pas ses pulsions et laisse libre court à ses instincts les plus primaires. Le personnage de Mr. Matura en est le parfait exemple, tuant sans vergogne des dizaines de personne lorsque celles-ci posent le moindre problème. Sa sauvagerie et sa barbarie ressortent dans la façon dont il s’occupe de ses victimes, dans le sang et l’indifférence, avec humour, il joue à l’apprenti chirurgien pour ne laisser aucune preuve de ses actes odieux. Ne souffrant d’aucun remord, se justifiant par le courage qu’il a de résoudre personnellement ses problèmes, cet homme va prendre sous son aile Mr. Shamusho, timide et peu confiant il est l’apprenti idéal pour cette éducation marginal.
La relation entre les deux personnages semble apparaître comme celle d’un père avec son fils, le félicitant par moment, le grondant lorsqu’il agit mal ; selon les critères de Mr. Matura qui n’est pas un parangon de vertu ; leur relation est ambigüe puisqu’elle est évolutive. Bien que leur rapport ne soit pas sujet à un grand changement, celui-ci se fit dans le comportement de Mr. Shamusho qui se découvre une nature aussi violente que son mentor. En libérant ses pulsions, cet homme tout à fait respectable va montrer une toute autre nature, animale et sanglante.
Cela était-ce dû au spectacle auquel il a été forcé de prendre part et d’assister ? La violence et le mal est-il transmissible et contaminant ? Cela se peut puisque l’on apprend que Mr. Matura eut une enfance des plus violentes de la part de son père.

Si l’on passe outre la gratuité de certaines scènes ; bien que voir la femme de Mr. Matura le découper en menus morceaux à l’intérieur d’un bâtiment où le christ est omniprésent, se faire asséner quelques coups d’une statuette de la vierge marie par l’homme qu’elle embrassera quelques secondes après s’être débattu avec lui dans les restes de son ancien mari soit tout simplement What the FUCK et énorme,; on trouve une réelle réflexion sur les apparences, les névroses, les pulsions ainsi que sur l’influence du mal sur une personne saine d’esprit.

Saine d’esprit et tranquille en apparence, mais ne sommes-nous pas tous des bêtes qui retenons nos pulsions pour ne pas sombrer dans de telles atrocités ?

outbuster
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