Les personnages sont fictifs, les méthodes de management sont réelles

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Un film quasi anatomique sur les méthodes de management, dans l'univers glacial du monde du travail (de bureau). Toutes les situations y sonnent vraies, tellement vraies : le plan Ambition 2016, le séminaire RH, le CHSCT, l'open space avec son coin photocopieur et le bureau du chef avec ses parois vitrées, les stand-up meetings du matin...Le tout étant supporté par des plans glaçants, cloisons d'acier et de verre, immeubles d'affaires en construction, parkings souterrains, portiques de sécurités, ascenseurs, écrans sur des tables parfaitement rangées : ou encore, le visage inhumain du totalitarisme d'aujourd'hui.

Et c'est bien entendu le facteur humain, qui dans le scénario, va faire basculer dans l'imprévisible ce monde si parfait du tableur Excel. Une banale histoire de harcèlement moral, comme il s'en produit chaque jour des milliers en France, va conduire au suicide d'un salarié mis sur la touche, dont le groupe Esen cherche à se débarrasser en le poussant à la démission. Et s'en suit un enchainement d'événements, filmés en mode thriller, qui va conduire à une fin libératrice, comme on aimerait qu'il puisse s'en produire dans le monde réel.

Et c'est là l'unique point faible du film. Les ressorts psychologiques de la quête rédemptrice d'Emilie Tesson-Hansen (au demeurant plutôt bien incarnée par Céline Sallette) sont malheureusement un peu confus et assez peu crédibles. Pour ma part, je n'ai jamais vu un de ces salopards ordinaires, du genre de ceux qui pourrissent la vie professionnelle de ceux qu'ils ont dans le nez, s'amender au point de coopérer avec l'inspection du travail et finalement balancer leur employeur.

Mais pour le reste, c'est très bien. Gérard Filoche figure parmi les personnes remerciées dans le générique de fin par le réalisateur, et l'on sent très nettement son influence sur le film, dans lequel plusieurs articles du code du travail sont cités et qui est également un véritable plaidoyer pour le métier d'inspecteur du travail.

Pour finir, une mention spéciale à Lambert Wilson, qui est toujours très convaincant dans ses rôles d'ordures du néo-libéralisme : agent immobilier dans "On connaît la chanson", dirigeant d'un fond d'investissement dans "Tout de suite, maintenant", et là, en DRH du groupe Esen, il est parfait.

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