"J'irai au Paradis parce que c'est en Enfer que j'ai passé ma vie..."

Avis sur Daniel Darc : Pieces of My Life

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Daniel Darc: pieces of my life est un biopic documentaire de Marc Dufaud et Thierry Villeneuve consacré au chanteur Daniel Darc, disparu en 2013 à l'âge de 53 ans.

Fan depuis toujours du groupe Taxi Girl, il m'était difficile de ne pas aller voir ce que Daniel Darc, pieces of my life... avait à raconter.

Le documentaire restitue assez fidèlement l'image d'un artiste maudit, au comportement suicidaire et plein de contradictions. S'appuyant sur une trame vaguement chronologique et des interviews filmés entre 1980 et 2010, on comprend assez vite rétrospectivement les "failles" du chanteur, oscillant entre dope, automutilations et excès en tout genre. Daniel Darc était un homme à la sensibilité à fleur de peau dont la destinée ne pouvait qu'être tragique. Le film aborde succinctement l'enfance compliquée du chanteur (Daniel Darc Rozoum était l’enfant d’un père juif caché pendant l’Occupation -son grand-père a été assassiné à Auschwitz-, sa mère restée à Paris y vécut une grande histoire d’amour avec un médecin de la Wehrmarcht). On y voit le début de sa carrière avec Taxi Girl. Si la formation qualifiée de "Jeunes gens modernes" par la presse spécialisée, connut un certain succès, elle était déjà minée par les incertitudes et le drame (mort du batteur Pierre Wolfsohn par overdose en 1981, comportement autodestructeur de Daniel Darc qui se trancha les veines lors d'un concert en première partie de Talking Head..). Le quatuor deviendra un trio et sortira par la suite l'excellent et unique album**Seppuku**. Devenu duo après le départ de Laurent Sinclair, Darc et Mirwais continueront un bout de chemin ensemble avant de se séparer. Daniel Darc fera une traversée du désert de 10 ans pour sortir un album solo confidentiel en 1994, Nijinsky. C'est en 2004 avec la sortie de l'album Crèvecoeur que l'artiste, abstinent pendant quelques temps, épaulé par Frédéric Lo à la production, fera un retour remarqué dans les bacs et sur scène saluée par la presse et le milieu musical. Converti au protestantisme, il était en quête de rédemption.

Le film est un témoignage de la fulgurance de la décennie 80-90. Il est aussi l'occasion de revoir les musiciens et amis du chanteur qui l'ont accompagné durant sa carrière solo, Fred Chichin et quelques images d'archives.

En sortant de la séance, je n'ai pu m'empêcher de penser : "Quel gâchis!" même si Daniel Darc, funambule fragile qui se qualifiait de Punk, était en quelque sorte demeuré fidèle à lui même après toutes ces années d'errance...

Ma note: 7/10

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