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On croyait le western moribond, le genre ne faisant que survivre depuis un âge d’or révolu et ne proposant que des réalisations de niveau moyen comme Young Guns ou encore Silverado. Personne n’espérait plus que le genre produirait un film majeur, encore moins un western qui viendrait traiter le sujet des natifs américains sous un angle rare. C’est tout auréolé de sa performance dans Les Incorruptibles que Kevin Costner débarque le 21 novembre 1990 sur les écrans U.S. avec sa Danse Avec Les Loups, magistral western onirique qui finalement va bien au-delà du film de genre et permet, bien des années après l’avoir vu, de respirer encore le vent de la plaine.

Le grand souffle des plus grands films, on le sent encore emplir les poumons et c’est probablement ce qu’à voulu transmettre Kevin Costner à travers un film où les êtres vivants et leur environnement vivent une harmonie que seul l’homme blanc vient perturber. Cette histoire d’un soldat qui demande, après une grave blessure, à être affecté aux confins d’un territoire à conquérir au milieu des natifs, reste assez simple dans sa narration, mais d’une grande richesse par ce qu’elle suggère. Quelles ont été les responsabilités des envahisseurs ? Quel était le degré de civilisation des natifs ? Quelle était leur réelle harmonie avec la nature ? Tant de questions posées mais tant de réponses en suspend.

Le grand souffle à travers le parti-pris d’un film souvent contemplatif des grandes plaines balayées par le vent, quelle beauté passe à travers ces plans panoramiques où la musique de sa majesté John Barry vient vous remplir les poumons d’une inextinguible soif d’espace et de nature ! Chacun a en tête cette scène grandiose de chasse au bison, une chasse pour se nourrir, une chasse pour le courage, une chasse pour remercier le bison d’assurer la subsistance d’un peuple. Le blanc John Dunbar s’intègre peu à peu à cette tribu qui réussi à aller au-delà de la défiance pour reconnaître en lui l’homme qui rejette peu à peu les usages de la société dont il vient.

Le mérite de Kevin Costner sera d’avoir réussi un film aussi harmonieux que les sujets qu’il aborde, les acteurs inspirés, Kevin Costner et Graham Greene en tête, les paysages affolants de beauté, la musique inspirante et presque palpable tant on la ressent dans ses tripes. Tout, absolument tout dans ce film nous amène à en faire partie, à partager le repas des natifs, à chevaucher dans la plaine et à danser autour du feu.

On s’approprie ce film, on fait nôtres les doutes et les douleurs de John Dunbar, on le ressent tellement au fond de soi qu’on en a des clés de lecture toutes personnelles, on s’implique dans la révolte que provoque en chacun l’attitude sauvage des blancs, puant la bêtise, la suffisance, l’arrogance et la haine des natifs. Danse Avec Les Loups s’est inscrit d’emblée au panthéon du western, l’universalité du propos et des questions qu’il soulève telles que la notion de race, de civilisation, le renoncement aux origines, la renaissance à travers un « baptême » font que les cinéphiles en herbes y trouveront des thèmes de réflexion intemporels. Kevin Costner a surpris avec ce film, il a depuis surpris tout autant en disparaissant presque totalement des écrans radars et cinématographiques. Il a vécu une renaissance indienne dans la peau de John Dunbar, le cinéma gagnerait à voir sa carrière renaître également.

P.S. : à voir en version longue, sans ça certains passages restent incompréhensibles.
Jambalaya
10
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