Jour de fête.

Avis sur Dimanche d'août

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Afin de remettre dans le contexte de l'époque, tout juste quatre ans après la guerre, il faut rappeler que les gens travaillaient en Italie six jours sur sept et que donc le dimanche était le seul repos possible.
Donc, le 07 Août, que faire ? Aller à la plage !

Voilà donc la population romaine déserter la ville en masse et aller à la plage d'Ostie, située à 10 km de là. Certains y vont en vélo, d'autres en Vespa, en train ou dans des voitures bondées... Toutes les classes sociales s'y retrouvent et même à la plage, on sait qui est riche et qui ne l'est pas.
Luciano Emmer a travaillé dans le documentaire, et on voit que côté sociologique dans le film qui le rend très intéressant, plus au fond que de suivre les multiples histoires dont certaines s'entremêlent.
Il existait des plages réservées aux gens riches, spacieuses, alors que le peuple devait s'entasser, le tout délimité par un grillage qui montre bien la différence. Deux jeunes femmes vont le traverser pour voir cet autre monde. Il y a aussi les stigmates de la guerre qui sont encore là, avec un endroit de la plage qui est interdit pour cause de présence de mines ou un transporteur qui sert de plongeoir.
Les histoires tournent autour de dragues, d'une histoire d'amour naissante, de spaghettis que doivent cuisiner les femmes (alors qu'elles font déjà ça le reste de la semaine !) pour les familles nombreuses, des gens qui font la trempette, mais aussi, et c'est là que le film se distingue, de deux autres histoires qui se passent dans un Rome déserté. Un agent de police, incarné par un jeune Marcello Mastroianni (mais qui est doublé par Alberto Sordi !) qui rend visite à sa fiancée, une bonne qui ne peut quitter sa famille d’accueil, et un voyou qui projette de faire un casse.

J'avoue qu'il est parfois difficile de suivre toutes les histoires, qu'on ne retient pas l'ensemble des personnages, mais on se croirait presque par moments chez Jean Rouche, avec cette étude presque sociologique d'une époque, où l'Italie veut relever la tête, où la joie demeure malgré les difficultés, même si les différences sociétales demeurent.
Pour l'anecdote, le bikini n'existait pas encore, et je suis étonné que les maillots de bain assez imposants des hommes étaient en fait ... autant moulants !

C'est vraiment pas très long, 1H15, mais j'ai pris un grand plaisir à voir ce film qui nous relate au fond une époque disparue, et qu'on se plait à revoir vivre ainsi.

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