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District 9 par Hard_Cover

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District 9 nous emmène en Afrique du Sud, à Johannesburg plus exactement, au-dessus de laquelle un vaisseau alien est immobilisé. Ses occupants, péjorativement appelés les Crevettes, ont débarqué soudainement, leur appareil en panne. Plus d'un million, malades, sous-alimentés, la Communauté Internationale ne pouvaient que s'émouvoir de leur situation. Le district 9 a donc été créé, camp de réfugiés extraterrestres aux valeurs, aux us et coutumes différents de ceux du genre humain. La gestion du district 9 a été confié au MNU.
Le film se présente d'abord comme un reportage sur une opération de déplacement des Crevettes vers le district 10, nouveau camp sensément plus confortable et adapté aux E.T. Mais l'opération ne va pas très bien se passer et Wikus van der Merwe (Sharlto Copley), qui la dirige, va malheureusement en faire les frais...

Le spectateur est plongé dans l'ambiance anarchique du district 9 dès les premières minutes du film. Il comprend rapidement comment Johannesburg et ses habitants ont pu être bouleversés par l'arrivée d'un vaisseau extraterrestre, la découverte des Crevettes et l'établissement du district 9, grand bidonville au cœur de la cité, décharge dans laquelle se repaissent des créatures assez affreuses au premier abord, mangeant des déchets, brutales, vulgaires. Mais ce n'est là qu'un jugement de valeur humain, mais que portent évidemment la plupart des gens, y compris les agents du MNU. Ils respectent peu les Crevettes, les considèrent comme stupides, les abattent à la moindre velléité de violence (il faut dire que les aliens hésitent peu à maltraiter mortellement quiconque les contrarie). On fait facilement le rapprochement – le film se déroulant en Afrique du Sud – avec l'époque de l'apartheid. Car, le spectateur le découvre au cours du film, la Crevette est intelligente, a des valeurs honorables et ne cherche finalement qu'à quitter l'enfer du district 9. Elle ne mérite pas la façon dont elle est traitée.

On voit peu de films de SF du niveau de District 9, c'est une certitude. Ces dernières années, je ne vois pas d'autre film que Les Fils de l'homme d'Alfonso Cuarón pour atteindre le même niveau (et le dépasser largement en fait), si on exclue Watchmen qui n'est pas tout à fait un film de science-fiction. Car il n'y a pas dans District 9 débauche d'effets spéciaux (et un budget fort élevé qui va avec), mais seulement ceux qu'il faut pour servir le scénario. Ce dernier a visiblement été écrit avant de définir le budget et pas après, ce que les producteurs hollywoodiens devraient prendre l'habitude d'exiger pour faire du bon cinéma. District 9 se révèle être un film où l'action est largement présente, mais pas excessive. Elle tient en haleine le spectateur jusqu'au bout, la tension montant parfois assez haut et retombant lorsque les armes aliens crachent leurs déchargent d'énergie et leurs projectiles hyper véloces (ce qui est toujours à l'avantage des héros, seuls capables d'utiliser une technologie alien basée sur l'ADN des Crevettes).
Certes, le scénario tient grâce à quelques incohérences ou facilités, mais on ne va pas reprocher à un si bon film de SF ce qu'on a accordé à Terminator Renaissance, d'autant plus qu'on peut aller voir District 9 le cerveau branché, ce qui n'était pas le cas pour le film de McG.

District 9 est donc un des meilleurs films de ces derniers mois, et un des meilleurs longs métrages de SF depuis des années. Les fans de science-fiction ne doivent pas le manquer... et les autres non plus, d'ailleurs !

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