De la bromance au pays du Gothic novel.

Avis sur Docteur Frankenstein

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Petite critique sans prétention de ce film qui a été une très bonne surprise pour moi. En y allant, j'étais plutôt partagée : le casting me faisait baver (McAvoy et Andrew Scott surtout, même si j'aime bien Daniel aussi, génération Harry Potter oblige), mais en même temps j'avais peur de tomber sur un film un peu insipide. Finalement, il est bien rythmé, assez beau à voir, un peu comme les Sherlock Holmes de Guy Ritchie, et le parti pris est réussi.

Bonne idée d'avoir introduit le personnage d'Igor, qui tire le docteur de sa solitude et donne lieu à des scènes...

YAOI

... hum, subtilement bromoérotique.

LA SCENE DU CORSET, LES FANS DE KUROSHITSUJI SE RECONNAITRONT, J'AI RI.

Bon voilà, j'vais pas vous mentir, moi les histoire d'amitié virile ça fait vibrer mon coeur. Ici, Igor, un personnage doux, honnête, dévoué et très loyal, est confronté au charismatique Victor Frankenstein dont les sentiments sont un peu plus ambigus : tantôt il le considère comme un larbin, tantôt comme un génie qu'il admire, tantôt comme un naïf dont il pourra exploiter le talent, tantôt comme un véritable ami, tantôt comme sa chose. Leur relation est intéressante à regarder. La performance de McAvoy est irréprochable, ce type est décidément un excellent acteur. Il transmet très bien la folie prométhéenne du docteur, tout en maintenant un côté très humain et vulnérable.

Andrew Scott est également parfait dans son rôle. Rien que le fait d'avoir mis Moriarty dans les bottes du meilleur détective de sa Majesté, c'est beau. Son personnage est introduit comme un Shelock Holmes : il arrive là où il doit mener son enquête et reconstitue les faits avec une virtuosité exceptionnelle. On découvre cependant assez vite qu'il a quelque chose en plus par rapport à Sherlock : C'EST UN CATHO INTEGRISTE JEANNE AU SECOURS !
En effet, il va se donner pour mission de remettre Frankenstein à sa place de simple mortel en l'accusant de commettre des actes diaboliques. J'ai aimé le fait qu'on ne sache pas vraiment où le placer sur l'échiquier moral. D'un côté, il semble un peu enfermé dans son fanatisme catholique, à tenir son chapelet d'une main tremblante, à crier au diable devant des expériences scientifiques. Mais de l'autre, c'est un détective brillant qui saisit très vite les enjeux de l'entreprise de Frankenstein et qui incarne la critique romantique de l'ambition prométhéenne de ce dernier. Il est celui, avec Igor et sa zouz, qui fait preuve d'humilité et de respect face à la vie, et il comprend très bien que l'hybris de Frankenstein le mènera à sa propre perte. Andrew Scott, avec son jeu subtil et sa bouille adorable, était parfait pour faire sentir cette ambivalence du personnage, qui est définitivement mon préféré dans ce film.

MENTION SPECIALE AU CAMEO DE TYWIN LANNISTER QUI ENDOSSE UN PETIT COSTUME LE TEMPS DE TROIS MINUTES POUR ALLER RAPPELER FRANKENSTEIN A L'ORDRE COMME IL LE FERAIT AVEC TYRION, TROP D'AMOUR ET DE NOSTALGIE A CE MOMENT-LA.

Je vous encourage donc à aller voir ce film, qui est en quelque sorte un prequel agréable et plutôt intelligent au livre de Shelley. On pourra regretter le choix du réalisateur de renoncer presque totalement à l'esthétique gothique très présente dans le livre. Personnellement, j'ai trouvé cette réinterprétation plus steampunk bien réussie.

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