Douce nuit, sanglante nuit, a eu son petit succès, lui offrant la chance de devenir une série. Suite pleinement assumée, ce deuxième épisode voit Ricky, le petit frère de Billy, prendre la relève. La famille. Le film est composé de deux parties, la première où Ricky s'entretient avec un psychologue dans un asile, et la deuxième où il reprend la succession familiale de la tuerie de personnes qui ont été vilaines.
Plus de sensibleries, de traumatismes ou quoi que ce soit pour faire du tueur une pauvre petite créature comme dans le premier. Ricky a lui aussi son grain dans la tête, mais tient plus du psychopathe que de la victime. C’est un vrai dur, qui veut se venger. Le film tient parfois du film d'action, avec des exécutions assez musclées et des répliques très années 1980, qui sentent la testostérone. L'acteur principal cabotine, en fait trop, ce qui permet aussi de voir le film avec un certain second degré.
Le film est un peu plus carré, un peu plus propre que le premier, même s’il s’autorise aussi à en faire trop. Avec le budget ridicule attribué à cette séquelle (100 000 $, soit dix fois moins), ça n’a pas dû être facile. Alors comment ont-ils fait ?
C'est simple. La majorité des séquences de la première partie reprennent des scènes du premier film, que Ricky raconte au psychologue. Les quelques échanges entre eux sont bien amenés. Mais il s’agit tout de même d’une grande partie du premier film qui est ici recyclée. Difficile de ne pas faire plus radin.
C’est une suite qui prend une nouvelle direction, plus convenue certes, et qui perd l’éclairage psychologique sur le tueur du premier. C’est probablement aussi parce que le film en fait trop qu'il s'appréciera avec une certaine distance, dans la fainéantise de sa première partie, et dans les excès de la suivante, qui propose des scènes assez incroyables, allant dans une exagération de morts qui fera le régal des amateurs. Sacré Ricky.
(Le "remake" de 2012, joli mais décevant, lui fera d'ailleurs un petit clin d'oeil)