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Faut que je vous avoue un truc, les voitures, je déteste ça. J'aime pas voir une belle rue d'un centre historique encombrée de caisses de metal sales. J'aime pas me faire klaxonner quand mon vélo ne va pas assez vite. J'aime pas ces villes obèses, étalées, rendues élastiques par la voiture jusqu'à en être décousues. J'aime pas la pollution visuelle, la pollution sonore, la pollution des airs, des rivières, des terres, des mers, des esprits et des corps. J'aime pas ces gens rendus aigris par la sensation de puissance que leur procure le contact d'un volant et le nombre de chevaux.

Appelez ça écologisme naïf, déformation professionnelle, extrémisme dangereux si vous voulez mais comprenez au moins que, dans un film d'action, quand s'annonce le moment vu et revu de la course-poursuite à grand renfort de crissements de pneus et de rugissement de moteurs, c'est plus de l'appréhension qu'autre chose qui m'envahit.

Bon, je suis pas non plus un salafiste hein, je sais apprécier les possibilités de voyage et d'émerveillement qu'a apporté la voiture et j'ai même pu apprécier les quelques road movies que j'ai regardé. Il m'arrive même de conduire parfois, c'est dire. Alors, à force d'entendre parler de Drive, je me suis dit, pourquoi pas. J'avais même un bon pressentiment au début.


I drive on her streets 'cause she's my companion


Il faut d'abord préciser que le talent de Refn exsude tout au long du film. Beaucoup de plans sont très beaux, le travail sur la lumière est extrêmement réussi, la bande-son est très sympa avec notre Kavinsky national. Le tout est toujours très esthétisé, avec ralenti, gros plans, silences. Mais qu'est-ce qui est esthétisé ?


I walk through her hills 'cause she knows who I am


Il y a d'abord la violence physique qui escalade au fur et à mesure du film avec de nombreux meurtres assez variés dans leur réalisation. Il y a pour moi une autre violence qui est de voir cet homme-machine polluer sa ville des heures durant pour le plaisir. De superbes plans sur la célèbre rivière de béton de Los Angeles et son non moins célèbre plus grand échangeur autoroutier du monde. Refn film une ville construite par la voiture, pour la voiture, une ville agonisante.

Le problème c'est qu'il faudrait trouver ça beau, alors que je trouve ça plutôt triste au contraire, toute cette violence sans aucune réflexion dans le scénario, sans aucun recul de la part des personnages, nue. Je me demande si les gens sont devenus si nihilistes qu'il prennent plaisir à voir ainsi exposé le pire de l'humanité, s'il y a une sorte d'instinct animal de prédateur qui me manquerait pour pouvoir apprécier ces meurtres carnassiers et ces gros calibre...

Enfin bref bien qu'en total désaccord avec la démarche il faut bien avouer que c'est réalisé avec brio et que, si le personnage de Ryan Gosling a l'air un peu trop simplet pour être attachant, celui de Carey Mulligan me fait fondre à chaque fois.


It's hard to believe that there's nobody out there


It's hard to believe that I'm all alone


At least I have her love, the city she loves me


Lonely as I am, together we cry

Nordkapp
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