When I see an elephant fly
Qui n'a pas connu, à l'école, un élève avec les oreilles décollées. C'est pas grand chose, mais à mon époque, dans notre société déjà en fracture ouverte, c'était un peu signe de cassos (cassosse? cassoce ?) car si ça peut arriver à tous le monde, la plupart des parents impliqués dans la réputation à long terme de leur progéniture opèrent tout de suite la légère modification qui permettront à ces mignonnes protubérances de rentrer dans les clous.
Madame Jumbo qui n'avait toujours pas reçu ses royalties de la part de Boeing ne put rien faire pour arranger son bébé malmené par la cigogne et ce fut aux mégères du voisinage de sortir leur langue de vipère en le surnommant tout de suite Dumbo, contraction méchante du nom de la maman avec dumb traduisible par débile pour rester dans la consonance. D'ailleurs la traduction exacte de Dumbo en français aurait pu être Mongolito. Je vous laisse imaginer le succès d'un tel titre.
Adaptation en trompe l’œil
J'ai l'air méchant comme ça mais les critiques du dessin animé ont été féroces en le qualifiant de raciste du fait que tous les personnages du cirques intervenaient sous formes d'ombres sombres (ou masqués) et que, (comble de la dénonciation de racisme, raciste) les seuls qui savaient chanter dans le film étaient des corbeaux, donc noirs.
C'est sûr qu'à notre époque, c'est plus compliqué, un pet de travers et ton slip porte plainte. Du coup, l'adaptation live d'une historette façonnée rapidement de manière à tordre le coup à une grève des animateurs des studios Disney ( très actuel tout ça) avait besoin de beaucoup de talent pour prendre corps et déployer toute son envergure dans un film de deux heures. La production n'était pas mal partie en embauchant (débauchant?) Tim Burton dont le nom comporte toujours un peu de magie même s'il ne produit plus grand chose d'original depuis quelques lustres.
D'un certain point de vue, c'est réussi, le design, les décors, les présentations de ceux ci sont remarquables. Le choix des acteurs est intéressant sur le papier, reste plus qu'une histoire un peu farfelue pour envelopper tout ça. Patatras, v'là t'y pas qu'ils nous ressortent une histoire avec des mômes formidables qui débloqueront toutes les situations, d'un père aveugle qui recouvre la vue à leur contact et à celui de l'éléphanteau, d'une arriviste qui se souvient qu'elle avait bon cœur avant de connaitre un pseudo méchant cynique qui cherche à optimiser les donations d'un mécène, pour le moins, seul personnage sympathiquement interprété par Alan Arkin.
Sur une toile d'araignée
Alors le fiston en plein délire Jurassic Park a pu apprécier la resucée version parc des merveilles à la morale végétarienne, mais moi j'ai vraiment regretté cette recette d'éléphanteau recuite à l'étouffée, sans sel et sans curry, qui va tout faire pour ramener sa mère sur les terres de Mowgli dans une scène digne du futur Layon's (prénom en vogue dans les bacs à sable) King. J'espère au moins qu'ils ont voyagé en Airbus.