Comme la blanche Ophélie

Avis sur Effie Gray

Avatar Aglaé Brisetin
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Dans le Londres des années 1840, la toute jeune Euphemia "Effie" Gray, originaire d'Ecosse, épouse le peintre John Ruskin, son aîné de dix ans. Effie et John rejoignent rapidement la demeure des Ruskin, où résident les parents de John, dont sa mère, exclusive et possessive avec son fils. Le premier soir de leurs noces, Ruskin refuse de toucher Effie et donc de consommer le mariage. La jeune épouse se sent vite seule au milieu de cette famille austère et d'un mari qui l'ignore. Elle finit par tomber en dépression...

Effie Gray, scénarisé par Emma Thompson, qui joue ici le rôle de Lady Eastlake, soutien moral infaillible de la jeune femme, est proche dans le ton d'un Thérèse Raquin ou d'un Madame Bovary. De même, la lumière, les couleurs, la photographie et la musique, tout concourt à donner au film un ton très mélancolique, au fur et à mesure qu'Effie perd pied. Emma Thompson apporte heureusement, via son personnage solaire, une bouffée d'optimisme bienvenue, tout comme la parenthèse italienne du film (où l'on croise Claudia Cardinale).

J'ai trouvé Dakota Fanning très belle, très délicate, très proche physiquement d'un modèle des préraphaélites (largement mis à l'honneur dans le film), ses grands yeux bleus largement ouvert sur les tourments qui l'oppressent. Le trop rare Greg Wise (Monsieur Emma Thompson) est particulièrement bon dans le rôle de Ruskin. Le reste de la distribution est un bonheur : Julie Walters, Robbie Coltrane, David Suchet, Derek Jacobi, James Fox...

De facture classique, un très joli film qui (re)met en lumière le personnage d'Effie Gray. A découvrir.

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