Affligeant, nul, débile, ridicule...

Les mots me manquent quand je vois la reconnaissance accordée à ce film. Par où commencer ? D'abord le principe du film est d'une absurdité renversante. On nous présente un monde où les émotions sont supprimées. Dès lors on peut se demander pourquoi les individus de ce monde se lèvent le matin. Le personnage principal, Preston, dit que son but dans la vie est de défendre la société, mais pour cela il faut de la conviction, de l'envie, de la volonté, un attachement à défendre la cause commune. Notons aussi que le mariage existe toujours dans cet univers. Le mariage, le symbole de l'union amoureuse... Ça part mal pour un monde sans émotion. Et si ce n'était que ça...

Durant tout le film les personnages laissent libre cours à leurs émotions, même avec la drogue censée les inhiber. Le plus bel exemple étant le collègue de Preston, Brandt qui transpire l'orgueil, la fierté, la colère durant tout le film. Mon préféré reste celui de DuPont qui est le big boss de la sécurité du monde, juste en dessous du vrai big boss dictateur. Il y a un moment où il laisse exploser sa rage, en frappant sur une table et en hurlant. Donc même les élites (ecclésiastes et dirigeants politiques) ont des émotions. Quelle cohérence.

Première scène du film, La Joconde est découverte par les ecclésiastes lors d'une descente de flic. Le tableau est authentifié comme étant l'original par un truc bidule technologique du futur. Sauf qu'on nous montre une huile sur toile... Visiblement aucun membre de l'équipe du film n'a pris la peine de se renseigner sur la vraie nature du tableau. Ça ne fait même pas 5 minutes, tout le crédit du film s'est effondré. Ensuite, Preston arrête la drogue, le prozium, et ses émotions éclatent au grand jour. J'imagine que ça doit être dure de les cacher quand on en ressent pour la première fois, mais c'est incroyable de voir le manque de subtilité avec lequel il tente de cacher ses émotions. Là où Preston est chanceux c'est que le prozium doit aussi rendre les gens sourd, muet et aveugle parce qu'il faut être sacrément con pour ne pas capter qu'il ressent des émotions. Le mec tremble et a les yeux humides lorsqu'il récupère un chien et tout le monde le voit ! Mais personne ne pige que dalle, ni ne le dénonce... Puis ce con de Preston garde le clébard après tout se bordel, alors que c'est formellement interdit... Puis il le raccompagne en "zone interdite" alors que ses faits et gestes sont suivis ! Et à la fin on découvre même que le clébard est dans son appartement alors qu'une fouille y a été effectuée plus tôt. Et durant cette fouille notre bon Preston, en toute subtilité, fonce dans sa salle de bain et claque la porte pour aller se débarrasser de son prozium caché. C'est quoi cette fouille de merde !
Autre incohérence, l'histoire de l'échange de flingue. Preston se fait innocenter de meurtres qu'il a commis parce qu'il a échangé son flingue avec celui de son partenaire, l'accusant de fait. Sauf que l'échange se fait après les meurtres en question... WTF. Là où ça devient aberrant c'est quand on voit que le nom du propriétaire des armes est écrit sur les armes... Enfin merde, il y a juste à lire la crosse de l'arme pour comprendre le bordel. Non pardon, il y encore plus con, Preston se bat avec 2 armes, donc l'une de ses armes devrait forcément être identifiée sur les lieux du crime. Peu importe, passons à autre chose.

Le niveau d'écriture correspond à celui d'un collégien de 12 ans. En fin de compte c'est à peu près l'âge mental du réalisateur/scénariste du film quand on comprend que ce qu'il aime c'est la BaGArRe !! Le mec a inventé un "art" de combat pour son film, le "gun kata". Le nom est déjà assez ridicule mais il y a pire, ou mieux, on ne sait plus trop quoi en penser. Le réalisateur lui-même nous en fait une démonstration au début du film, tout fier de sa création, comme un gosse. Mais dans les faits, c'est un trentenaire, torse poil, qui fait du Kung fu (ou plutôt qui gesticule) avec deux flingues parCeQue C'eST TroP COOL ! Le rendu des scènes d'actions est vraiment risible, les mouvements sont surhumains, la physique n'existe plus et chaque impact de balle se traduit par des explosions de poussière. Les mouvements sont aussi accompagnés d'effets sonores nanardesques, vous savez, ces bruits d'armes qui cinglent l'air pour dire que ça va vite ! Restons dans le nanard et dans le travail de merde. A plusieurs reprises on nous repasse des scènes déjà vu sous un autre angle. On pourrait excuser ça par le fait que le film est fauché. D'une, ça n'excuse pas une erreur de montage aussi nulle, et de deux, il y a Christian Bale, Sean Bean, William Fichtner à l'affiche. Il faut relativiser le terme "fauché".

Parlons de la fin du film. Preston débarque dans un couloir rempli de gardes armés qui protègent le bureau du big boss dictateur de la mort. Vous avez vu la scène du hall d'entrée dans Matrix ? Ici c'est pareil mais en nul. On y voit Preston qui gesticule dans tous les sens avec ses flingues et dégomme tout le monde à découvert sans qu'aucun des 20 gardes armés de mitraillettes ne le touchent une seule fois. Bravo la sécurité ! Après ça, on découvre que le grand méchant du film, DuPont, c'est en fait le grand méchant du film (le vrai big boss dictateur de la mort !!). Ok, on s'en fou. Puis les méchants, DuPont et Brandt, se font déglinguer en deux minutes. Merci, paye ta conclusion. Ah et DuPont c'est aussi un king du Kung fu avec des flingues, mais bon il perd quand même. Il se prend une balle et 1 kilo de poussière sort de chaque côté de son corps. Ensuite Preston passe dans une pièce de 10 mètres carré et dégomme une douzaine d'ordinateurs faisant s'effondrer tout le régime totalitaire. Il faut croire que tout l'Etat et sa communication repose dans ces 12 ordinateurs.

En dehors de tous ces aspects techniques, ces incohérences, que peut-on dire du film ? Beaucoup louent la portée du message politique. Message inexistant pour moi vue l'absurdité du film. Et puis ce n'est qu'un mix de dystopies. Il ne fait reprendre leurs surfaces. Ce n'est même pas fait intelligemment. Quand on voit que le big boss dictateur de la mort s'appelle "Father" on se dit juste : Mdr c'est le Big Brother du pauvre. Il y a aussi un système de castes venant du Meilleur des monde, les ecclésiastes détruisent des œuvres, comme dans Fahrenheit 451, les individus sont asservis par une drogue comme dans Un bonheur insoutenable... Enfin bref, ce ne sont que des éléments repris superficiellement. Lisez ces livres, face à la copie mieux vaut privilégier l'original.

Cineratu
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le 11 avr. 2020

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