Prise d'otages : dictature contre revolutionnaire

Avis sur État de siège

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Ce film de 1972 dénonce l’ingérence des États-Unis dans les états sud-américains. C'est le dernier volet d'une trilogie politique après Z (1969) et l'Aveu (1970), réalisé par Costa-Gavras et interprété par Yves Montand.

On aborde le sujet des dictatures d'Amérique Latine aidée par la CIA (USA) en s'inspirant d'un fait réel l'enlèvement de Dan Mitrione. Ce pseudo agent pour le développement international était en fait un policier du FBI et un agent de la CIA coopérant avec la police de divers pays latino-américains. Cet americain d'origine italienne partageait son expertise de la torture et formait des policiers étrangers aux États-Unis. Il sera pris en otage et assassiné en 1970 en Uruguay par les Tupamaros, un mouvement politique d'extrême gauche.

Sur le contenu, il y a un cote documentaire d’enquête qui demeure intéressant mais un peu moins de nos jours pour qui regarde les documentaires politiques récents sur ce sujet. Le ton et style du film qui veut dénoncer est un peu trop appuyé a mon goût et a pris un coup de vieux. Il y a des longueurs et on aurait pu couper certaines scènes inutiles. A l’époque de sa sortie en salle ça devait être une véritable bombe "politique" d'ailleurs il a été interdit au festival du Cinéma Européen Indépendant. On y retrouve une belle brochette d'acteur avec Renato Salvatori, Jacques Weber, Jean-Luc Bideau et Jacques Perrin.

De nos jours, quand je vois la relative impuissance de la police / justice française (ou américaine) face a la "petite" délinquance, la mafia (ou les terroristes) je me dis que soit les opposants politiques étaient moins malins que nos escrocs, mafieux soit que la justice de nos pays démocratique est moins efficace que celle de ces dictatures. Je ne suis pas certain que cette efficacité repose sur la torture (un innocent peut faire un faux aveu pour stopper sa souffrance) mais plutôt par moins de contrainte de preuve et formalité administrative qui freine la machine judiciaire.

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