Un regard intéressant sur ses personnages à une époque importante

Avis sur Falling Angels

Avatar Rick Jacquet
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Coproduction Franco Canadienne, Falling Angels est un film qui date, et que j’avais découvert il y a des années de ça grâce à la sortie d’un DVD sur ce bon vieux sol Canadien, le film étant resté finalement inédit en France. Avec un budget d’un peu plus de 4 millions, le film a la tâche d’adapter le roman de Barbara Gowdy, et de nous faire partager le quotidien plus que chaotique d’une famille dysfonctionnelle à la fin des années 60. Et le Canada, quand il s’intéresse à des drames, nous offre souvent des films oh combien intéressant. J’avais adoré par exemple Turning Page en 2001, autre cas d’école d’une pépite Canadienne inédite chez nous, et pour le coup, inédite même en DVD dans son pays d’origine. Ici donc, nous suivant en 1969 le quotidien de trois jeunes femmes, et de leurs parents. Le père Jim gère la maison de main de maître, enfin dans les faits, étant parvenu à rendre sa femme Mary alcoolique, passant ses journées en peignoir devant la télévision, buvant le whisky dans sa tasse à café. Le film va donc nous montrer son quotidien et sa relation avec ses trois filles. Car nous sommes à la fin des années 60, et les mœurs commencent à changer, la femme commence à dire ce qu’elle pense et à faire ce qu’elle veut. Du coup forcément, le choix de Katharine Isabelle pour jouer une des filles était le choix parfait. Nous avons donc la fille qui dit ce qu’elle pense, confronte son père dés qu’elle le peut et se cherche un but, la fille qui va encore au lycée (avec cours de cuisine à la clé) mais va trouver l’amour et même tomber enceinte, et la dernière, un peu garçon manquée et encore un peu soumise à l’autorité parentale, mais qui va doucement tenter de remettre un peu d’ordre dans tout ça, et va même, malgré son côté solitaire, se faire une amie en cours.

Dans les faits, Falling Angels est un drame relativement classique certes, en se basant sur une vérité culturelle à une époque charnière, mais fait bien les choses. Le casting est au top déjà, donnant crédibilité aux personnages et aux situations qu’ils rencontrent. Miranda Richardson (Spider, The Crying Game, Southland Tales) dans le rôle de la mère Mary est convaincante malgré un rôle assez effacé en soit (ah l’alcool). Ceux qui impressionnent le plus sont le père, joué par Callum Keith Rennie (Memento, Californication la série), et Lou, la fille rebelle jouée par Katharine Isabelle (Ginger Snaps, Turning Paige, 88). Ils rendent leurs personnages crédibles et appréciables, même lorsque finalement, les disputes éclatent dans cette famille pas comme les autres. Car malgré la gravité des sujets abordés, le film n’en oublie pas de contrebalancer tout ça avec un humour bien senti. La partie de Scrabble en famille par exemple est un excellent moment comique, avec Katharine Isabelle essayant de provoquer son père via les mots construits, tandis que le père tente de faire le malin pour prendre le dessus sur sa fille rebelle, mais ne sait même pas écrire correctement un mot aussi simple que Kidney (rein). Un humour simple, mais qui n’en fait jamais des tonnes, le rendant donc réaliste et plaisant, et permet de désamorcer certaines situations. Car la plupart du temps, Falling Angels s’aventure dans des terrains plutôt sombres, en parlant de grossesse, d’abus de la part de la figure paternelle (les nombreux flashbacks où la famille passe deux semaines dans un abri anti-nucléaire), d’une mère désabusée au bord de la dépression et en plein dans l’alcoolisme, du deuil, et finalement, surtout de trois jeunes femmes qui prennent leur vie en main, quitte à faire quelques erreurs sur la route.

Je ne les ai pas cité plus haut, mais Kristin Adams et Monté Gagné fournissent également une interprétation irréprochable dans le rôle des deux autres sœurs. L’une totalement renfermée sur elle-même, timide et solitaire en cours, l’autre cherchant à s’émanciper et trouvant le grand amour, quitte à s’attirer le regard des autres, et à se retrouver dans quelques situations complexes (le coup des jumeaux). Falling Angels trouve cet équilibre parfait entre un ton sombre et ce qu’il raconte, tout aussi sombre dans le fond, et son humour qui n’en fait jamais trop, grâce à de bons personnages et des acteurs investis dans leur rôle. On pardonnera du coup l’aspect plus ou moins téléfilm de la mise en scène (mais c’est un téléfilm, donc finalement aucun souci oui), et à titre personnel, le format d’image 4/3 qui devient moins intéressant à l’heure des télés 16/9 avec ses grandes bandes noires sur les côtés. Car pour le reste, Falling Angels est un film équilibré, qui sait où il va, et comment nous y amener. Qui sait quand désamorcer les situations, et parvient à donner ses grands moments et son importance à chaque personnage peuplant le récit. Personne n’est laissé de côté, le tout est fluide, et nous montre bien la réalité de ces années là, le tout enrobé d’une jolie bande son. Un joli portrait de personnages, varié et réaliste, parfois dur mais également parfois plus tendre.

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