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Fantasmes par JJC

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Voici un réalisateur sud-coréen qui n’a pas froid aux yeux : Sun-Woo Jang. “Timeless, Bottomless, Bad Movie” (1997) montre la jeunesse désoeuvrée de Séoul et “Resurrection of the Little Match Girl” (2002) adapte “La jeune fille aux allumettes” par le biais du fantastique. “Fantasmes” et ces deux films comptent parmi les plus connus et les plus controversés à la fois dans l’oeuvre de ce cinéaste engagé.
Y, un sculpteur de 38 ans, rencontre J, 18 ans et lycéenne, par correspondance. Le but de leur rencontre est clair : ils sont là pour baiser. Y dépucelle J de toutes les manières possibles et bien vite, une relation sadomasochiste se met en place entre les deux protagonistes.
Ce film, basé sur un roman qui a valu quelques mois de prison à son auteur, n’est pas sans rappeler un certain “Empire des Sens” (1975) de Nagisa Oshima. En effet, on trouve dans les deux films un jusqu’au-boutisme du désir sexuel. Cette pulsion ravageuse entraîne nos deux protagonistes à s’exclure socialement pour ne vivre que pour leur délire charnel. Le film “Fantasmes” nous parle en fait d’un mode de vie qui excluerait toute forme de travail. Serait-ce pour cela que ce film dérange tellement? Un film érotique qui tire – on devrait dire “éjacule” dans ce cas-ci – à boulets rouges sur le monde du travail relève effectivement de la subversion la plus complète! On devrait dès lors inventer un nouveau slogan : “Faites l’amour, pas le travail!”

(critique parue dans le mensuel satirique liégeois "Le Poiscaille" de juillet-août 2012)

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