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À l’instar de l’hégémonie « marvellienne » de Disney, la franchise Fast and Furious se porte comme un charme : poule aux œufs d’or des studios Universal Pictures, cette saga tunée jusqu’à la gomme s’est largement imposée au sein du paysage hollywoodien, chaque nouvel opus l’inscrivant toujours plus dans la case du blockbuster rutilant.
Mais avant que ses budgets ne se chiffrent en centaines de millions de dollars, ou que la mort accidentelle de Paul Walker (sur la route, tout un symbole) ne porte le septième volet au-devant d’un succès commercial ahurissant, il fut un temps où le modeste Rob Cohen lançait les hostilités : cultivant le culte des bolides suréquipés, taillés pour la vitesse et la frime urbaine, ce Fast and Furious originel a pour lui cette image avantageuse de modèle humble, contrastant gentiment avec l’envergure ubuesque de ses rejetons. Mais est-ce vraiment le cas ?
De fait, il ne s’agirait pas de se méprendre : s’il est fort probablement le plus « crédible » du lot, le présent film n’en demeure pas moins bête à manger du foin. Certainement à même d’enjailler le gamin d’alors, ce défouloir de prime abord attractif ne lésinant pas sur les couleurs chaudes (faisant de Los Angeles un semblant d’Eldorado lointain) s’apparentait à une version « adulte », car notamment saupoudré d’un brin d’érotisme de façade : exit donc les iconiques Hot Wheels, place à un nouveau « modèle » ayant à ce titre inspiré la gamme « Underground » de Need For Speed.
Sans se berner d’illusion, le visionnage récent de Fast and Furious est conforme à nos attentes : de l’action débridée, un semblant d’atmosphère ayant davantage trait au cadre géographique, et ses mécaniques, qu’à la réalisation-même, et une palette de personnages stéréotypés au service d’une intrigue bas du front. Certes, le récit tente bien de maintenir l’illusion quant au fin mot de son enquête policière, entrecoupée d’incursions dans l’univers des courses de rue illégales, mais cela demeure faible : un constat découlant en grande partie de l’unidimensionnalité de ses intervenants, à l’image d’un Brian O’Conner pas aidé par le jeu très, très inégal de Paul Walker.
La sous-intrigue à la sauce romance est par exemple difficile à prendre au sérieux, l’intérêt de Mia pour ce blondinet hautain étant des plus obscurs : le frustre Vince/Matt Schulze n’aidant en rien la chose ! Plutôt que de se perdre en vaines circonvolutions, gageons que le véritable atout de Fast and Furious réside en son patriarche Dom Torreto : car par-delà le jeu probant d’un Vin Diesel m’étant définitivement sympathique, il advient que le long-métrage tisse une amitié ambivalente, mais crédible, entre ce dernier et le flic infiltré, dont les divergences accoucheront d’un dénouement plus fin qu’il n’y paraît.
Tâcheron honorable, Rob Cohen aura pour sa part fait de son mieux avec les moyens du bord : s’il est indéniable que ses effets ont mal vieilli, Fast and Furious tire ironiquement parti de ses extravagances de tons comme graphiques, s’adjugeant une constance dans l’idiotie confinant au savoureux… in fine, de toute façon, l’ensemble s’inscrit dans la continuité d’une intrigue fondamentalement incongrue, la discrétion attendue d’un braquage (quand bien même celui-ci serait automobilistique) n’étant pas compatible avec des véhicules truffés de néons. CQDF.
Pas loin d’être un plaisir coupable sans grandes prétentions, ce premier cru de Fast and Furious oscille donc entre le désintérêt croissant et l’invraisemblance jouissive.
Créée
le 9 nov. 2020
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