"Quand je regarde la poitrine d’une femme, je vois double" (Jules Renard)

Avis sur Foxy Brown

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Les seins, les gougouttes, les miches, les hinsses, les melons, les balous, les nibards, les boobies...tant d'appellations pour autant de fascinations qui m'animent depuis des paires d'années. Évitons tits suite la psychologie de comptoir en épargnant ma mère d'être implicitement à l'origine de cette obsession. Je préfère plonger au creux de mes souvenirs pour me justifier et en exhiber Wonderwoman implosant dans son corset, Pamela Ewing, le décolleté d'une Madonna lascive et pupute sur la pochette de "Like A Virgin", ma tante Nathalie offerte au soleil vendéen, les imposantes sciences naturelles de Mme Viguier, Sabrina et sa paire de "Boys" dégoulinante, celles glacées de Newlook, ceux de Lydia pour me faire la main, celles plus ou moins cryptées de Tori, Ashlyn, Selena, Tera, Savannah et consœurs...jusqu'à ceux de Pam Grier, la plantureuse héroïne de "Foxy Brown" (1974) que je ne pouvais ignorer indéfiniment !
En matant "Foxy Brown", j'ai parfaitement saisi les phantasmes que Pam Grier greffa dans le ciboulot du jeune Tarantino regardant ses films d'une main tout en se caressant un pied de l'autre (me concernant il n'y a que le foot où les pieds me fascinent !).

Repérée dans un concours de beauté grâce à son joli minois et sa plastique pulpeuse, Pam Grier est rapidement devenue l'icône sexy-chocolat de la Blaxploitation.
Passé un générique bondien sur fond d'ombres chinoises flashy à travers lesquelles elle se dandine façon "Soul Train" sur un son funky cool de Willie Hutch, "Foxy Brown" révèle avant tout un prétexte à reluquer ses lourdes frangines !
Jack Hill a manifestement dirigé son film avec son zguègue tant il prend surtout soin à exhiber le matos généreux de Pam plutôt que se soucier du niveau de jeu médiocre de son casting, du montage ou des chorégraphies de baston indignes de "Hooker" (c'est dire !). Il ne s'est pas non-plus embarassé avec son scénario : Foxy s'est jurée de venger l'assassinat de son agent fédéral de mec perpétré par une bande de WASP spécialisée dans l'esclavagisme sexuel.
Pêle-mêle entre deux fusillades, Foxy Brown se fait violer par des rednecks dégueulasses et vicelards, se bastonne dans un bar contre une horde de goudous blanches, taille une flute à son mec pour le requinquer sur son lit d'hosto, découpe le zguègue d'un vilain, s'allie avec une simili bande de Black Panthers, tranche en carpaccio un malfrat avec les hélices d'un avion...
Ce bordel de 94 minutes accouche d'un polar paresseux, un brin lubrique ancré dans un univers vintage dominé par le marron et l'orange et arrosé de sons funky mielleux.
En adéquation avec l'ambiance décontractée du gland du film, le frangin de Foxy, alias Antonio Fargas et son incroyable garde-robe peaufinait déjà son rôle d'Huggy la petite frappe cool-molle qui lui assurera un culte mondial et éternel grâce à "Starky & Hutch".
Aussi chevelu que barbu, Sid Haig, le psycho préféré de Rob Zombie et Djee Van Cleef, y va de sa partition en incarnant un gus omnibulé par les tchoutchs de Foxy Brown.

"Foxy Brown" se suit comme un coup tiré vite fait. Bien que bâclé le moment est tout de même suffisamment excitant pour que l'on prenne son pied.

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