"Ne pas connaitre l'amitié est la pire des infortunes." Mary Shelley.

Avis sur Frankenweenie

Avatar Flerya Vende
Critique publiée par le

Tourné en noir et blanc pour d'une durée approximative d'à peine 28 minutes, Frankenweenie s'inscrit à rebours des productions Disney. Véritable réactualisation du roman de Mary Shelley dans une banlieue américaine moderne, ce court-métrage est d'une richesse foisonnante. On y suit les aventures d'un petit garçon de 10 ans, Victor Frankenstein, qui dans le grenier de ses parents, réanime son chien Sparky, un bull-terrier mort après avoir été renversé par une voiture.

Le film s'ouvre avec la projection d'un film intitulé Monsters from Long Ago, réalité par Victor pour ses parents et où l'on voit Sparky, déguisé en monstre préhistorique, se faire attaquer par une créature tout droit sortie d'un film de Godzilla.Tout au long de son expérience, le jeune Victor ne se rend pas compte de l'horreur de ce qu'il est entrain d'entreprendre. Il ne pense qu'à percer le secret de la vie afin de retrouver Sparky.Créer un être par soi-même, c'est se prendre pour Dieu et par analogie pour un réalisateur.

« J'avais peu d'amis mais il y a suffisamment de films étranges pour que tu puisses te passer d'avoir des amis pendant un sacré bout de temps ». Burton

L'idée originale ainsi que l'esthétique du film sont typiquement burtoniens alors que les éléments familiers de son univers sont foison. Cela est perceptible dans l'humour noir ainsi que dans l'utilisation millimétré de l'esthétique noir et blanc. La photographie de Frankenweenie est magnifique avec une mise en scène éblouissante. Burton ne cherche pas à reproduire plan par plan ses glorieux aînés mais plutôt à retranscrire une émotion inhérente à leurs visionnages ainsi qu'à l'imaginaire qu'ils viennent suggérer. Plus tard, une fois que Sparky a été ressuscité, il est couvert de cicatrices et porte un boulon de chaque côté de son cou, vibrant hommage au maquillage réalisé par Jack Pierce pour Boris Karloff dans les films de Whale. Même s'il est de bon ton de considérer Frankenweenie comme le brouillon d'Edward aux mains d'argent il me parait quelque peu simpliste de s'arrêter à cette analyse de façade.
L'amitié et l'amour ont une place prépondérante dans le court-métrage de Burton. Si Victor est aussi dévasté par la perte de son ami quatre pattes c'est parce que c'est avec lui qu'il partage ses angoisses ainsi que son imaginaire créatif à l'instar du réalisateur dans sa jeunesse. La place du chien tient d'ailleurs une place fondamentale dans l'ensemble de l’œuvre cinématographique de Burton.

Un court-métrage invoquant l'imaginaire de la Hammer.

La créature est rejeté à cause de son apparence alors que nous pouvons l'assimilé à l’innocence d'un bébé qui vient de naître. Comme dans le Frankenstein de Whale, ou même dans Edward aux mains d'argent, la scène cruciale de Frankenweenie est celle de la confrontation du monstre Sparky avec les voisins effrayés et furieux de Victor au milieu d'une compétition de golf miniature dont le parcours fait penser au décor du film de Whale. Burton invoque cette fois-ci l'imaginaire médiéval de l'Inquisition. L'on rejette l'autre parce qu'il est différent, parce qu'il vient mettre à mal les croyances et les dogmes de la société. Le film culmine ensuite dans la rencontre de Sparky avec son grand amour, un caniche dont la mise en plis ressemble terriblement à celle d'Elsa Lanchester dans la Fiancée de Frankenstein. Selon Burton, ces références ont autant à voir avec son enfance qu'avec les films de James Whale.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 134 fois
7 apprécient

Flerya Vende a ajouté ce court-métrage à 3 listes Frankenweenie

Autres actions de Flerya Vende Frankenweenie