Toujours autant incassable

Avis sur Glass

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Glass

C'est avec le thème d'Incassable à la fin de Split que M. Night Shyamalan démarre ce qui sera son propre univers de super-héros et de super-vilains où cohabite respectivement : David Dunn, la Horde, et Mr Glass.

Le film commence en compagnie de David Dunn, alias le Superviseur, qui ne manque pas de prendre au sérieux son rôle de héros. Notre personnage a semble-t-il fait du chemin depuis son premier acte héroïque dans Incassable, mais à ce moment précis il est question d'une menace d'un nouveau genre, une menace enfin à sa hauteur. Je veux bien évidemment parler de son contraire, la Horde, possédant une force physique au moins équivalente à la sienne entre autres capacités. Quoi qu'il en soit, comme toute production signée M. Night Shyamalan, une atmosphère de doute et d'incertitude se met en place rapidement alors que nos acquis sur les événements des deux premiers films volent en éclats. La dimension psychologique du film impose une remise en question significative qui s'immisce totalement jusqu'au premier film en bousculant agréablement nos certitudes. Avec une méthode totalement opposée à celle d'Elijah dans Incassable qui persuada David Dunn d'être un super-héros, le personnage de Ellie Staple s'emploie à imposer le raisonnement contraire. C'est une déconstruction intéressante à l'opposé exact des convictions d'Elijah qui nous amène à confronter deux cas de figures.

Quand arrive la fin, car c'est bien le moment le plus important dans un film de M. Night Shyamalan, il y a bien quelque chose qui donne à Glass une dimension dont aurait jamais pu imaginer. Plus qu'un simple twist, les révélations se bousculent toutes pour essayer de grappiller la place de celle qui sera la favorite et qui restera en mémoire longtemps après la fin du visionnage. Jusqu'au dénouement final, violent et révélateur, qui provoque le sentiment que cette saga, aussi anti-spectaculaire qu'ambitieuse soit-elle, n'aurait pas pu se terminer autrement. Sans aucun doute, le cap de vouloir faire des films de super-héros sans que ce n'en soient réellement, comme ce fut le cas dès le premier film, aura été maintenu jusqu'au bout.

En somme, cette trilogie s'apparente à une réaction à la vague de films de super-héros qui envahissent nos écrans depuis maintenant bien plus de dix années. Ces nouvelles productions s'enfoncent dans le spectaculairement niais à coups de bastons pyrotechniques et de scénarios à ras les pâquerettes. A travers Incassable, Split, et Glass, M. Night Shyamalan donne une leçon aux films de super-héros d'aujourd'hui. Moins niais, plus intéressant, moins explosif, mais plus exaltant. Au-delà de la réécriture d'un genre bien répandu, la dimension psychologique de Glass propose quelque chose de neuf sans discréditer les deux œuvres qui l'ont précédés.

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