L'AURA DE SPIELBERG ET LE SPECTRE DE FUKUSHIMA

Avis sur Godzilla

Avatar Star-Lord alias  Peter Quill
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Il est le cinéaste le plus populaire de la planète. Il est à la tête de quelques uns des plus grands succès du septième Art. Le fils spirituel d'hitchcock, Lean, Disney et de Curtiz regarde toujours les étoiles mais avec un regard beaucoup moins candide qu'à ses débuts. Steven Spielberg, Empereur de la pelloche à aujourd'hui 68 ans. Le Wonder boy a bien grandit et même si les succès sont toujours au rendez-vous (Lincoln et ses 140 M de dollars), le sceptre à été tendu en l'an 2014 à un réalisateur dont on attendait a fortiori pas grand chose : Gareth Edwards. Tout droit sorti d'un succès d'estime (Monsters), le jeune prodige va s'emparer d'une mythologie Japonaise et y apposer sa marque ainsi que ses références ultimes au fondateur d'Amblin Entertainment.

Godzilla cristallisera donc trois références Spielbergiennes. Trois films essentiels et fondateurs du mythe : Rencontre du troisième type (1977) Les dents de la mer (1975) et Jurassic Park (1993)

Le plus bel Avatar du célèbre monstre Nippon va donc se jouer sur 2 époques. La première période est celle d'un cinéma en pleine mutation : Les années 70, son nouvel hollywood et la seconde autrement plus proche, les années 90 avec l'éclosion du blockbuster numérique. A la croisée des chemins, Edwards non pas en fan-boy ni en élève appliqué mais plutôt en Général de champs de batailles va élever le genre. Pleinement conscient que sa créature sera attendue sous toutes les coutures, le cinéaste prend le temps d'installer son intrigue. Le trauma du jeune Brody servira de point d'encrage au spectateur et par ricochet abordera frontalement la thématique qui jalonne l'oeuvre de Spielberg : l'explosion de la cellule familiale.

Sujet également présent dans Rencontre du troisième type, le lien psychique de Roy Neary (Richard Dreyfuss) avec les extra-terrestres sera à l'identique celui de Brody (Aaron Taylor Johnson) avec Godzilla. On retrouve cette constante avec Les dents de la mer ou`le héros, le shérif Brody (Roy Scheider), fasciné par le requin, établira un lien "Nemesiste" jusqu'au dénouement final. A chaque fois, un homme lambda se voit propulsé au coeur d'une aventure extraordinaire. Un shéma scénaristique bien connu des fans du barbu à casquette.

Rattaché à un esprit seventies, la paranoïa est au coeur de Godzilla comme dans Rencontre du troisième type. "L'armée et le gouvernement nous cache quelque chose." Ici, la paranoïa n'est plus issue des théories fumeuses sur l'assassinat de Kennedy ou encore l'affaire du Watergate. Au contraire, ce sont les lois de la nature qui dictent les conditions aux hommes. Le spectre de Fukushima hante chaque parcelle du film. Edwards va donc s'appuyer comme les ténors des années 70 sur la véracité des faits afin de tisser progressivement son intrigue. Ancrée dans une réalité, le cinéaste va filmer sa créature à hauteur d'homme. Usant des médias ou des écrans de contrôle, il créer une frustration à l'instar du grand blanc des Dents de la mer. Un refus qui brise la volonté des réalisateurs actuels de montrer la puissance des SFX du 21 ème siècle.

Cette vision du Blockbuster dantesque mais réaliste n'est finalement pas si éloignée de "Jurassic Park"et de son rêve brisé. Edwards, adopte des choix stratégiques de mise en scène afin de montrer sa créature proche, malgré l'épine dorsale, d'un T-rex de 200 tonnes. D'ailleurs, entre la saga Jurassic et Godzilla, c'est un affrontement quasi historique qui se jouera sur les écrans de Cinéma. Désireux de montrer qu'il est toujours le boss, Spielberg, va en 1997 lâcher en toute impunité son T-rex dans les rues de San Diego dans "Le Monde perdu" coupant l'herbe sous le pied de Roland Emmerich. Le match se rejouera 18 ans plus tard entre le Godzilla de Edwards et le Jurassic World du team Trevorrow/Spielberg mais cette fois-ci à l'avantage du gros lézard. Un film qualitativement supérieur sachant doser ses effets. Une vision unique de fin du monde ou chaque dollar se voit à l'écran à la manière de ..."La guerre des mondes."

Comment ? Ah c'est un Spielberg ?

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