Perdus dans l'espace

Avis sur Gravity

Avatar Wykydtron IV
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Ca fait longtemps que j'entends beaucoup de bien de Les fils de l'homme, partout on en parle comme un film génial, mais je ne me suis toujours pas décidé à le voir. Mais cet après-midi encore, je voyais sur SensCritique la majorité des critiques attribuant une note de 9 ou 10. Ca m'a convaincu d'aller voir le nouveau film d'Alfonso Cuarón, Gravity, qu'on m'a invité à aller voir.

Je savais malgré tout que le réalisateur a une certaine affection pour les plans-séquences, mais rien ne m'avait préparé au début de Gravity. Une première séquence de 15 minutes incroyable. 15 minutes non-stop de personnages en apesanteur dans l'espace, qu'on suit depuis une tache qu'ils accomplissent sur l'extérieur d'une station spatiale jusqu'à la panique causée par une pluie de débris se dirigeant sur eux. La caméra navigue pendant tout ce temps, tourne autour de la station, s'éloigne énormément ou se retrouve tout près des personnages. Par ces utilisations très variées de la caméra, la longueur du plan-séquence permet à un moment de ressentir la liberté de l'apesanteur, et à un autre le désarroi complet de quelqu'un qui tournoie dans le vide. Et je n’imagine pas l’effet que ça doit donner en 3D…
Et pendant tout ce temps, on voit l'espace, les planètes environnantes qui rentrent ou sortent du cadre, créant un environnement vaste et très crédible à chaque mouvement de caméra. Les planètes se reflètent également dans les casques des astronautes, dans lesquels on ne voit par contre aucun reflet de la caméra ou de l’équipe de tournage ; les effets spéciaux sont aussi extraordinaires que la dramaturgie ou la mise en scène.
Le premier changement de plan du film survient à un moment bien choisi, afin de lui donner une signification.
Mais on se rend compte ensuite que TOUT le film, il sera question de personnages perdus dans le cosmos.

Quand il le faut, la caméra est très proche des personnages, ou offre carrément une vue subjective, ce qui fait qu’on est vraiment avec les héros, et qu’on vit avec eux des moments affreusement angoissants, que ce soit à cause d’une dérive loin de la station, le manque d’oxygène, une arrivée trop rapide vers un obstacle, …
Dériver dans l’espace, c’est quelque chose qu’on risque de ne jamais vivre, et pourtant l’inconnu de ce type de situation crée une angoisse peut-être encore plus écrasante.
Les dangers rencontrés par les héros du film sont très nombreux, et on est pris aux tripes à chaque fois, même si on ne ressent pas vraiment d’empathie pour eux. Le drame personnel de Ryan par exemple m’a laissé à moitié indifférent. Mais le caractère spectaculaire et/ou la démesure des menaces (incendie dans une navette, en apesanteur ; navette qui risque d’entrer en collision, …), alliés à des effets spéciaux impeccables, nous laissent désemparés, sans voix, à répéter mentalement "putain de merde, putain de merde…"
L’émotion, c’est la seule chose qui ne fonctionne pas correctement dans Gravity, mais les sensations fortes marchent à 100%.
C’est le grand spectacle qui nous emporte, si bien qu’on ne voit pas le temps passer (à la fin, je ne savais pas si le film avait duré un peu plus d’une heure ou le double), mais Cuarón prend quand même le soin de placer quelques plans très esthétiques et porteurs d’un message : pour Ryan, l’héroïne de Gravity, ce périple est une renaissance, elle apprend à aller de l’avant, et à la fin, elle réapprend littéralement à marcher.

C’est tout simple : Gravity est l’un des films les plus extraordinaires que j’ai vu.

PS : Quel dommage que le réalisateur et le co-scénariste, présents très brièvement en début de cette séance qui a débute 45mn en retard, ne soient pas restés ensuite pour répondre à nos questions. J'aurais voulu connaître la fin de l'histoire avec l'homme poilu !

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